Le Parlement suédois a adopté deux nouvelles lois visant à renforcer la politique migratoire du pays. Soutenues par la majorité de droite et l’extrême droite, ces mesures facilitent l’expulsion de certains étrangers et imposent à plusieurs administrations publiques de signaler les personnes en situation irrégulière.
Le premier texte, approuvé par une large majorité des députés, permet désormais de révoquer un permis de séjour pour « mauvaise conduite ». Cette notion englobe non seulement certains délits, mais également des comportements jugés incompatibles avec les critères fixés par les autorités. Une formulation que plusieurs observateurs considèrent comme particulièrement large et sujette à interprétation.
La seconde loi, qualifiée par ses détracteurs de « loi des mouchards », oblige plusieurs services publics à transmettre aux autorités compétentes des informations sur les étrangers sans papiers. Les administrations concernées incluent notamment les services de l’emploi, de la sécurité sociale, de l’administration fiscale, des retraites et de l’administration pénitentiaire.
Certaines exceptions ont toutefois été prévues, notamment pour les professionnels de santé. Mais les organisations de défense des droits des migrants estiment que ces garanties restent insuffisantes. Elles soulignent que les échanges d’informations entre administrations pourraient malgré tout permettre l’identification de personnes en situation irrégulière, y compris dans le cadre de démarches médicales ou administratives ordinaires.
Pour les ONG, ces nouvelles dispositions risquent d’accroître la peur parmi les migrants et de les dissuader de recourir à certains services publics essentiels. Elles dénoncent également un climat de surveillance susceptible de f
ragiliser davantage les populations les plus vulnérables.
Ces deux lois entreront en vigueur le 13 juillet prochain et marquent une nouvelle étape dans le durcissement de la politique migratoire suédoise, engagée ces dernières années par les autorités du pays.
