La Coupe du monde 2026 marque un record inédit dans l’histoire du football mondial : jamais une compétition n’avait réuni autant de joueurs représentant un pays différent de leur nation de naissance. Parmi les dix sélections africaines présentes, cinq sont composées majoritairement de joueurs issus de leurs diasporas.
Le phénomène n’est pas nouveau déjà en 1990, les joueurs nés à l’étranger représentaient 14 % des participants à la Coupe du monde mais il s’est nettement amplifié cette année. Sur les 1 248 joueurs engagés dans le tournoi américain, 289 sont nés hors du pays qu’ils représentent, un chiffre en partie dopé par l’arrivée de seize nouvelles équipes. Même en proportion, ces joueurs dépassent 23 % du total des participants, contre environ 17 % lors de l’édition 2022.
Ce recours croissant aux enfants des diasporas s’explique notamment par l’assouplissement des règles de la Fifa sur les binationaux ces vingt dernières années, comme le souligne l’historien Stanislas Frenkiel, de l’Université d’Artois. Un joueur ayant évolué dans les équipes de jeunes de son pays de naissance peut désormais rejoindre une autre sélection, à condition d’en détenir la nationalité. Plusieurs pays ont également développé des dispositifs spécifiques pour repérer et recruter les talents prometteurs de leurs diasporas.
Le phénomène touche particulièrement plusieurs sélections : sur les 26 joueurs d’Haïti, douze sont nés en France, deux aux États-Unis, un au Canada et un en Suisse. Une situation similaire concerne la Bosnie-Herzégovine, qui compte seize joueurs nés à l’étranger, ainsi que le Qatar, la Turquie ou la Nouvelle-Zélande.
Côté africain, la République démocratique du Congo arrive en tête avec vingt joueurs binationaux dans son effectif, principalement nés en France et en Belgique. Le Maroc en compte 19, suivi de l’Algérie (16) et de la Tunisie (15) bien que le parcours des Aigles de Carthage se soit arrêté en phase de groupes cette année.
