Réunis mardi 4 août, les ministres européens de l’Intérieur ont échangé sur la protection des frontières extérieures de l’Union européenne après l’afflux massif de migrants à Ceuta. Si les États membres ont affiché une volonté d’unité à l’issue de la réunion, le Danemark et la Finlande estiment que cette crise a mis en lumière les faiblesses de l’espace Schengen.
À Helsinki comme à Copenhague, les autorités considèrent qu’un défaut de contrôle des frontières extérieures par un État membre affecte l’ensemble du système Schengen. Pour ces deux pays, la crise migratoire survenue à Ceuta soulève des interrogations sur la capacité de l’Union européenne à garantir une gestion efficace de ses frontières.
Helsinki prône une ligne plus ferme
La Finlande a adopté la position la plus stricte. Le gouvernement, auquel participe le parti nationaliste Finns Party, a soutenu l’idée d’une suspension de la coopération Schengen avec l’Espagne. Pour Helsinki, l’immigration irrégulière constitue désormais un enjeu de sécurité nationale, notamment dans le contexte des tensions persistantes à sa frontière avec la Russie.
Le Danemark s’est montré plus mesuré. La Première ministre, Mette Frederiksen, a d’abord indiqué que toutes les options devaient rester ouvertes avant de saluer la réponse apportée par l’Espagne et le retour d’une grande partie des migrants vers le Maroc. Le pays applique toutefois depuis plusieurs années l’une des politiques migratoires les plus restrictives d’Europe, malgré un gouvernement qui n’est pas dirigé par l’extrême droite. Dans les médias danois et finlandais, cette fermeté est présentée comme cohérente avec les orientations nationales en matière d’immigration. Plusieurs analyses soulignent néanmoins que la crise de Ceuta met une nouvelle fois en évidence les divergences entre États membres sur la gestion des frontières extérieures.
Des inquiétudes sur les droits des migrants
À la frontière franco-italienne, certaines associations s’inquiètent des conséquences des politiques migratoires européennes. Le président d’Emmaüs Roya estime que les demandeurs d’asile rencontrent toujours des difficultés pour faire valoir leurs droits et dénonce des pratiques qu’il juge contraires au droit. Selon lui, les contrôles renforcés à la frontière franco-italienne se poursuivent depuis plusieurs années et les nouvelles dispositions liées au pacte européen sur l’asile et la migration suscitent des interrogations quant à leur application. Il estime qu’une réponse durable à la question migratoire passe avant tout par une coopération entre les États européens plutôt que par un renforcement continu des contrôles.
Début juillet, une commission d’enquête parlementaire avait déjà critiqué la gestion sécuritaire de la frontière franco-britannique, qu’elle jugeait à la fois inefficace et dangereuse.
