Le Parti travailliste britannique a officiellement lancé, jeudi 9 juillet, le processus de désignation du successeur de Keir Starmer, démissionnaire fin juin. Pour l’heure, Andy Burnham est le seul candidat déclaré et apparaît comme le grand favori pour prendre les rênes du Labour, avant de devenir Premier ministre.
À 56 ans, l’ancien maire du Grand Manchester est le seul député à avoir annoncé sa candidature. Si aucun autre prétendant ne se manifeste avant le 15 juillet, il sera automatiquement désigné chef du parti lors d’un congrès extraordinaire prévu le 17 juillet. Son arrivée à Downing Street pourrait intervenir dès le 20 juillet.
Jeudi matin, les députés travaillistes étaient appelés à soutenir les candidats. Andy Burnham a lui-même confirmé avoir voté pour sa propre candidature, plaisantant sur le réseau social X : « J’espère que la troisième fois sera la bonne », après deux tentatives infructueuses en 2010 et 2015. Pour valider sa candidature, il doit obtenir le soutien d’au moins 81 des 402 députés travaillistes à la Chambre des communes, un objectif qui semble largement à sa portée.
Un parti en quête de renouveau
Si un autre candidat se déclarait avant la clôture des candidatures, un scrutin interne serait organisé jusqu’au 29 août. Toutefois, cette hypothèse paraît peu probable depuis le retrait d’Al Carns, ancien secrétaire d’État aux Armées, qui a estimé que le Labour devait éviter une longue bataille interne.
Le départ de Keir Starmer, le 22 juin, est intervenu après plusieurs mois de turbulences. Arrivé au pouvoir en juillet 2024, il a vu sa popularité s’éroder en raison de plusieurs revirements politiques, de la crise du coût de la vie et d’une série de revers électoraux. La polémique autour de la nomination de Peter Mandelson comme ambassadeur aux États-Unis a également fragilisé sa position.
Burnham, un profil populaire face à Reform UK
Surnommé « le roi du Nord » pour son influence à Manchester, Andy Burnham a retrouvé un siège de député lors d’une législative partielle remportée en juin. Son retour à Westminster a été salué par de nombreux élus travaillistes, dont l’ancien ministre de la Santé Wes Streeting. Pour une partie du Labour, il représente le meilleur atout pour contenir la progression de Reform UK, le parti de Nigel Farage, qui reste en tête de plusieurs sondages malgré une récente polémique sur des dons non déclarés.
Déjà donné favori, Andy Burnham commence à dévoiler ses priorités. Il promet notamment un vaste programme de décentralisation afin de stimuler la croissance économique du Royaume-Uni.
