Les autorités kosovares ont annoncé la découverte d’une nouvelle fosse commune présumée dans le nord du pays, trois jours seulement après la mise au jour d’un premier site. Les restes de quatre personnes ont été exhumés près du village de Jabuka, dans une région où les enquêteurs poursuivent leurs recherches sur des disparitions liées à la guerre de 1998-1999.
Selon la Commission gouvernementale chargée des personnes disparues, les fouilles menées sur ce site ont permis de retrouver des restes humains qui pourraient appartenir à des victimes de disparitions forcées durant le conflit. Les dépouilles ont été transférées dans un laboratoire spécialisé afin de procéder à des analyses ADN destinées à établir leur identité. Les autorités judiciaires précisent que les investigations engagées sur les différents sites pourraient se poursuivre pendant plusieurs mois, compte tenu de l’ampleur des recherches à effectuer.
Un premier charnier découvert quelques jours plus tôt
Cette nouvelle découverte intervient après celle d’une fosse commune présumée dans le village voisin de Kalludër, dans la région de Zubin Potok. Samedi dernier, les médecins légistes y avaient exhumé les corps de sept personnes. D’après le Premier ministre kosovar Albin Kurti, ce site pourrait renfermer jusqu’à 23 victimes. Les autorités estiment qu’il pourrait s’agir de Kosovars albanais arrêtés, exécutés puis enterrés afin de dissimuler les crimes commis à la fin du conflit. Les enquêteurs privilégient notamment la piste d’un groupe d’intellectuels originaires de Mitrovica, parmi lesquels figuraient des médecins, des enseignants et des défenseurs des droits humains, disparus depuis avril 1999.
Dans le cadre de cette affaire, le parquet a annoncé l’arrestation de trois suspects, dont deux ressortissants serbes de la région de Zubin Potok, poursuivis pour des crimes de guerre présumés.
Des milliers de familles toujours sans réponses
Près de trente ans après la guerre du Kosovo, la question des personnes disparues demeure l’un des dossiers les plus sensibles entre Pristina et Belgrade. Le conflit avait fait environ 13 000 morts, principalement des civils albanais du Kosovo. Aujourd’hui encore, près de 1 600 personnes restent portées disparues. Parmi elles figurent environ 1 100 Kosovars albanais ainsi que près de 500 Serbes, Roms et membres d’autres communautés.
Les autorités kosovares estiment que les tensions persistantes avec la Serbie compliquent les recherches. Le Premier ministre Albin Kurti a une nouvelle fois appelé la communauté internationale à encourager Belgrade à ouvrir les archives de l’armée yougoslave afin de faciliter la localisation d’autres fosses communes et d’apporter des réponses aux familles des victimes.
Une commission réunissant des experts kosovars et serbes, mise en place sous l’égide de l’Union européenne, a entamé cette année une coopération destinée à faire progresser les recherches sur les personnes toujours portées disparues.
