La crise migratoire à Ceuta se transforme en difficulté politique pour le gouvernement de Pedro Sanchez. La droite et l’extrême droite espagnoles ont appelé à manifester mercredi 2 septembre devant les principales mairies du pays, officiellement en solidarité avec les habitants de l’enclave.
Près de 80 000 personnes étaient entrées à Ceuta en deux jours fin juillet. La majorité est depuis repartie vers le Maroc, mais plusieurs milliers de migrants se trouvent encore dans l’enclave, où les capacités d’hébergement restent sous pression. Le Parti populaire (PP) présente la mobilisation comme « apolitique », tandis que Vox assume une offensive contre le gouvernement socialiste. Le parti d’extrême droite dénonce « l’inertie » de l’exécutif et réclame l’expulsion vers le Maroc des migrants encore présents sur place.
Pedro Sanchez assure de son côté que son gouvernement agit pour sortir de la crise. Madrid a notamment annoncé l’ouverture et l’agrandissement de centres d’hébergement, ainsi qu’une enveloppe de 300 millions d’euros destinée à soutenir les entreprises, les commerces et les services publics de Ceuta.
Le rôle du Maroc au cœur des interrogations
La polémique porte également sur l’origine de l’afflux migratoire. Un média espagnol a affirmé qu’un document interne de la police mettait en cause les forces de l’ordre marocaines. Le ministère de l’Intérieur a demandé à obtenir ce rapport, avant que la direction de la police ne démente mercredi son existence.
Cette question est sensible pour Pedro Sanchez, qui défend depuis le début de la crise la coopération avec Rabat et assure que le Maroc a contribué à aider l’Espagne. Le chef du gouvernement avait encore récemment écarté toute responsabilité directe du Maroc, accusant plutôt la Russie, Israël et une « internationale d’ultradroite » d’avoir contribué à la crise par la diffusion de fausses informations.
Une crise qui tombe mal pour Sanchez
L’épisode intervient alors que Pedro Sanchez est déjà fragilisé par des sondages défavorables et plusieurs affaires de corruption, à quelques mois des élections législatives prévues au printemps 2027.
La droite et Vox comptent donc faire de l’immigration un thème central de leur offensive contre le gouvernement. Le PP se distingue toutefois de Vox sur la relation avec Rabat : contrairement à l’extrême droite, il ne réclame pas pour l’instant la suspension du traité d’amitié entre l’Espagne et le Maroc.
La crise divise également la gauche, certains élus socialistes ayant soutenu l’appel à manifester. L’afflux massif de migrants à Ceuta pourrait ainsi s’imposer comme l’un des enjeux majeurs de la prochaine campagne électorale.
