L’objectif de limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C apparaît désormais hors de portée. Dans un rapport inédit publié mercredi, le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) appelle la communauté internationale à se préparer à gérer les conséquences de ce dépassement et à en limiter l’ampleur et la durée.
L’an dernier, le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, avait déjà estimé que le dépassement du seuil était inévitable. Pour les auteurs du nouveau rapport, le défi consiste désormais à « gérer » cette trajectoire plutôt qu’à empêcher son arrivée.
Selon Richard Betts, coauteur du rapport, il s’agit d’un « retour à la réalité », mais les efforts pour limiter le réchauffement restent indispensables. Debra Roberts, également coauteure, estime que les politiques climatiques doivent désormais être repensées, car les plans actuels ne sont pas adaptés à une période de dépassement.
Les pays vulnérables tirent la sonnette d’alarme
Les conclusions du rapport suscitent l’inquiétude des pays particulièrement exposés aux conséquences du changement climatique. Le ministre du Climat de Tuvalu, Maina Talia, rappelle que les États du Pacifique subissent déjà des conséquences disproportionnées, notamment liées à la montée du niveau de la mer. Des organisations environnementales dénoncent également un échec majeur. Greenpeace estime que le dépassement ne doit toutefois pas conduire à abandonner l’objectif de 1,5 °C, tandis que l’Union of Concerned Scientists parle d’une « injustice climatique monumentale ».
La planète s’est déjà réchauffée d’environ 1,4 °C par rapport à la période 1850-1900, principalement sous l’effet de la combustion des énergies fossiles. Les trois dernières années ont été les plus chaudes jamais enregistrées.
Réduire les émissions reste prioritaire
Un dépassement durable de 1,5 °C pourrait accentuer les phénomènes météorologiques extrêmes et rapprocher la planète de plusieurs points de basculement, notamment concernant les calottes glaciaires. Le PNUE estime que l’adaptation sera donc nécessaire. Le rapport souligne aussi l’importance du captage du dioxyde de carbone, parallèlement à des réductions rapides et profondes des émissions. Cette technologie ne représente toutefois aujourd’hui qu’une part infime de la lutte contre le réchauffement.
Pour plusieurs ONG, la priorité reste claire : réduire immédiatement les émissions plutôt que compter sur des solutions technologiques encore incertaines.
