L’Allemagne renforce son dispositif de sécurité face à la multiplication des menaces hybrides, parmi lesquelles la désinformation, l’espionnage et les survols suspects de drones. La Russie est régulièrement soupçonnée d’être à l’origine de certaines de ces actions. Deux incidents survenus la semaine dernière, au-dessus d’un aéroport et d’une base militaire, ont relancé les inquiétudes sur les risques liés aux drones.
Le 6 août, un drone chargé d’explosifs a été retrouvé à l’aéroport de Leipzig-Halle. Selon la presse allemande, l’appareil aurait percuté l’aile d’un avion Antonov ukrainien stationné sur le site depuis le début de la guerre. Un problème au niveau du détonateur aurait empêché une explosion, alors que le carburant des avions est stocké dans leurs ailes. L’enquête se poursuit pour déterminer l’origine et les circonstances exactes de cet incident. Dans le même temps, les autorités allemandes ont décidé de renforcer leurs moyens pour faire face à ce type de menace.
Berlin renforce son dispositif anti-drones
Les effectifs de l’unité allemande spécialisée dans la lutte contre les drones vont plus que doubler. Ils passeront de 130 à 300 personnes, réparties sur huit sites contre quatre actuellement. Un nouveau centre consacré au développement et aux essais de technologies anti-drones doit également ouvrir la semaine prochaine à Hecklingen, à environ 200 kilomètres à l’ouest de Berlin. Le projet associera les ministères de l’Intérieur et de la Recherche ainsi que le centre allemand pour l’aéronautique et l’astronautique. Les autorités souhaitent également renforcer les équipements permettant de détecter et de neutraliser les drones dangereux dans les principaux aéroports du pays.
Face à cette nouvelle menace, plusieurs responsables politiques plaident par ailleurs pour une évolution de la législation. Certains proposent notamment de revoir la répartition actuelle des compétences entre la police et l’armée, afin de permettre une réponse plus efficace en cas d’incident.
La Russie soupçonnée
Plusieurs responsables allemands ainsi que l’ambassadeur ukrainien à Berlin soupçonnent la Russie d’être derrière certaines de ces opérations. Moscou rejette ces accusations. L’ambassade russe en Allemagne dénonce une « provocation montée de toutes pièces ».
Selon les médias allemands Die Zeit et Bild, des traces d’ADN auraient également été retrouvées sur le drone découvert à Leipzig. Elles correspondraient à des traces déjà enregistrées en Lituanie, rapporte Die Zeit, sans fournir davantage de précisions. Le parquet fédéral allemand n’a pour l’heure pas commenté ces informations. L’enquête se poursuit afin de déterminer les responsables et les circonstances exactes de l’incident.
