L’Allemagne connaît un été particulièrement meurtrier en raison des fortes chaleurs. Selon une estimation provisoire de l’Institut Robert Koch (RKI), environ 14 000 décès seraient liés aux vagues de chaleur enregistrées depuis le début de l’été, un niveau jamais atteint depuis le début de ces estimations en 2016.
Deux tiers de ces décès sont survenus durant la dernière semaine de juin, lorsque les températures ont dépassé 41 °C dans plusieurs régions du pays. Le bilan établi jusqu’au 9 août dépasse ainsi largement le précédent record, estimé à 8 900 décès en 2018.
Les personnes âgées particulièrement exposées
Les personnes âgées de plus de 75 ans figurent parmi les principales victimes. La chaleur provoque rarement directement le décès : elle peut aggraver des pathologies existantes, notamment cardiovasculaires, pulmonaires ou rénales, entraînant une surmortalité. Ces chiffres suscitent des interrogations sur la protection des personnes vulnérables. Le manque de climatisation dans certains hôpitaux et l’insuffisance des équipements dans les maisons de retraite sont notamment pointés du doigt.
L’ancien ministre de la Santé Karl Lauterbach estime même que le bilan pourrait être sous-évalué, le RKI utilisant selon lui une méthode particulièrement prudente.
Des investissements importants à prévoir
Face à cette situation, des responsables politiques et des collectivités réclament un renforcement des mesures d’adaptation aux fortes chaleurs. Le Parti social-démocrate (SPD), membre minoritaire de la coalition gouvernementale, propose notamment d’inscrire dans la Constitution la protection de la nature et l’adaptation au changement climatique comme des missions communes de l’État fédéral et des Länder.
Les investissements nécessaires sont considérables. L’Association allemande des villes et communes estime qu’il faudrait au moins 20 milliards d’euros pour améliorer la protection contre la chaleur dans les hôpitaux et les maisons de retraite, notamment grâce à l’installation de systèmes de climatisation.
