Le Vatican a annoncé vendredi 7 août que le pape Léon XIV s’entretiendra avec des victimes de violences sexuelles dans l’Église lors de sa prochaine visite en France, prévue entre le 25 et le 28 septembre 2026. Une rencontre hautement symbolique, attendue avec espoir mais aussi prudence par les associations de victimes.
Parmi elles, Némès Ehongo-Grasset, victime de l’école catholique Notre-Dame de Bétharram, dans le sud-ouest de la France, où des générations d’enfants ont subi viols et châtiments corporels à partir de la fin des années 1980. Son collectif avait demandé dès le mois de mai une audience avec le souverain pontife. Jusqu’alors, aucune réponse n’avait été reçue de la papauté, alors même que le siège de la congrégation de Bétharram se trouve au Vatican.
Pour lui, cette rencontre représente « déjà une étape », mais les attentes sont précises. « J’aspire à ce que Léon XIV démontre qu’il a vraiment pris l’ampleur du problème », a-t-il déclaré à RFI. Il appelle l’Église à chercher des solutions au plus haut niveau face à ce qu’il décrit comme un phénomène d’une ampleur internationale.
Le contexte est lourd. Un rapport indépendant publié en 2021 recensait 330 000 victimes d’abus dans l’Église catholique rien qu’en France. Au-delà de la responsabilité de l’Église, Ehongo-Grasset estime que l’État doit également renforcer les contrôles sur les religieux travaillant avec des enfants.
Quant à sa présence à la rencontre de septembre, il reste hésitant. « Je ne suis pas sûr de ma réaction », a-t-il glissé.
