Le corridor maritime ukrainien en mer Noire est à l’arrêt depuis une série d’attaques russes contre des ports et des cargos dans la région d’Odessa. C’est la première interruption totale de cette voie d’exportation depuis sa création en 2023. La situation fait grimper les cours mondiaux du blé au plus haut niveau depuis deux ans.
Selon l’expert des marchés céréaliers Andrey Sizov, le problème principal n’est pas tant les dégâts causés aux infrastructures portuaires que le refus des armateurs d’exposer leurs navires à de nouveaux risques. « 100% de la capacité du port d’Odessa est aujourd’hui à l’arrêt », a-t-il indiqué, précisant que cette escalade intervient en réponse aux attaques ukrainiennes contre des navires russes en mer d’Azov.
La paralysie du corridor représente un coup dur pour l’économie ukrainienne. Avant cette crise, 80 à 90% des exportations agricoles de l’Ukraine transitaient par Odessa. Kiev tente de rediriger ses cargaisons vers le Danube et le port roumain de Constanța, mais ces alternatives présentent des limites importantes. Les faibles niveaux d’eau du Danube en raison de la canicule réduisent encore davantage les capacités de transport, les navires admis sur ce fleuve étant par ailleurs de petite taille.
Les conséquences se font déjà sentir sur les marchés mondiaux, avec une hausse significative du prix des céréales exportées par l’Ukraine, entraînant une flambée des cours internationaux du blé. Face à cette situation, Kiev a demandé la convocation d’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU le 27 juillet, afin d’exiger de Moscou la fin des atteintes à la liberté de navigation en mer Noire.
