Six pays européens demandent la mise en place d’une taxe exceptionnelle sur les compagnies pétrolières dont les bénéfices ont fortement augmenté depuis le début de la guerre en Iran. Ils estiment que les perturbations liées au blocage du détroit d’Ormuz ont contribué à faire grimper les prix et les marges du secteur.
L’Allemagne, l’Italie, l’Autriche, la Pologne, l’Espagne et le Portugal ont adressé une lettre commune à l’Irlande, qui assure la présidence tournante de l’Union européenne. Le document, consulté samedi 22 août par l’AFP, souligne que les marges des grands groupes pétroliers auraient progressé davantage que les cours du pétrole brut depuis le début du conflit.
Les six pays proposent ainsi de taxer à l’échelle européenne ces bénéfices considérés comme exceptionnels, avant de reverser les recettes aux consommateurs. Les modalités précises d’une telle mesure restent toutefois à définir.
Dans leur lettre, les ministres de l’Économie concernés estiment que les compagnies pétrolières bénéficient actuellement de marges importantes sur les produits raffinés, supérieures à la hausse du prix du pétrole brut. Ils évoquent également un important choc d’approvisionnement et la hausse du coût de la vie dans de nombreux pays.
Une mesure déjà utilisée pendant la guerre en Ukraine
L’idée d’une taxation exceptionnelle des bénéfices liés aux crises n’est pas nouvelle au niveau européen. Une mesure similaire avait été mise en œuvre au début de la guerre en Ukraine.
En Allemagne, le ministre des Finances Lars Klingbeil a plusieurs fois estimé que les entreprises énergétiques ne devaient pas faire supporter aux consommateurs les conséquences de la crise. Une source au sein de son ministère a également défendu le principe de reverser aux consommateurs les bénéfices supplémentaires réalisés grâce aux perturbations du marché.
Les ministres de l’Économie des six pays souhaitent désormais inscrire cette proposition à l’ordre du jour d’une réunion européenne prévue en septembre 2026.
