Le Premier ministre britannique Andy Burnham devra décider dans les prochaines semaines s’il autorise deux projets de forage en mer du Nord. Le dossier oppose au sein du Parti travailliste les défenseurs de la sécurité énergétique aux partisans d’une politique climatique plus stricte.
Les projets concernés sont Jackdaw, un gisement gazier situé à l’est d’Aberdeen, et Rosebank, un champ pétrolier au large des îles Shetland. Tous deux avaient été approuvés par le précédent gouvernement conservateur en 2022 et 2023, avant d’être contestés devant la justice. Jackdaw est le projet le plus avancé. Les infrastructures sont déjà en place et les puits ont été forés, ce qui pourrait permettre une mise en production dans les prochains mois. Rosebank nécessiterait davantage de temps, les forages n’ayant pas encore commencé.
Un choix délicat pour le gouvernement
Le dossier place Andy Burnham face à un dilemme politique. Avant son arrivée au pouvoir en 2024, le Parti travailliste s’était engagé à ne pas approuver de nouveaux permis de forage en mer du Nord. Le Premier ministre estime toutefois qu’il serait difficile d’ignorer les ressources énergétiques disponibles dans cette zone. Au sein de son parti, certains défendent les projets au nom de la sécurité d’approvisionnement, du prix de l’énergie et de la préservation des emplois. D’autres rappellent l’engagement du gouvernement en faveur de la neutralité carbone.
Les conservateurs, ainsi que le président américain Donald Trump, font également pression pour que le Royaume-Uni développe davantage ses activités pétrolières et gazières en mer du Nord.
Un effet limité sur les factures
La mise en exploitation de Jackdaw pourrait réduire une partie des importations britanniques de gaz naturel liquéfié et renforcer ainsi l’approvisionnement national. Toutefois, l’impact sur les prix resterait probablement limité, le Royaume-Uni demeurant largement dépendant des cours internationaux du gaz. Le pétrole extrait à Rosebank serait, lui aussi, vendu au prix du marché mondial. Son exploitation n’aurait donc pas d’effet direct sur les factures des consommateurs britanniques.
Selon des analystes cités par l’AFP, une baisse plus importante des factures ou un financement accru de la transition énergétique nécessiterait des mécanismes permettant à l’État de redistribuer une partie des revenus générés par ces projets. Sur le plan environnemental, les défenseurs des énergies fossiles soulignent que le gaz produit au Royaume-Uni pourrait être moins émetteur que certaines importations de GNL, notamment en raison des émissions liées au transport et à la regazéification.
Les associations écologistes estiment toutefois que le développement de nouveaux gisements prolonge la dépendance aux énergies fossiles et retarde la transition énergétique. La justice britannique avait déjà annulé les autorisations accordées à ces projets, estimant nécessaire une nouvelle évaluation de leurs émissions indirectes liées à l’utilisation du pétrole et du gaz produits.
