Le Premier ministre britannique Keir Starmer a annoncé ce lundi 16 juin que le Royaume-Uni allait interdire l’accès aux réseaux sociaux aux mineurs de moins de 16 ans, dans le but affiché de « protéger les enfants ». L’annonce intervient à trois jours d’une élection cruciale pour le maintien du dirigeant à la tête du Labour et du gouvernement.
Lors d’une conférence de presse à Downing Street, Starmer a qualifié cette mesure d’étape importante pour le pays et les familles, estimant que les réseaux sociaux rendaient les enfants malheureux et facilitaient le harcèlement et les abus. L’interdiction visera notamment Snapchat, TikTok, YouTube, Instagram, Facebook et X, mais pas les applications de messagerie comme WhatsApp ou Signal.
Le Premier ministre a reconnu la difficulté de faire respecter une telle interdiction, certains mineurs pouvant chercher à la contourner, mais a estimé que la loi restait une expression des valeurs du pays. Le texte devrait être adopté avant la fin de l’année, pour une entrée en vigueur prévue au printemps prochain.
Avec cette décision, le Royaume-Uni rejoint une liste croissante de pays ayant durci leur législation en la matière, à l’image de l’Australie, pionnière sur ce sujet, ou de l’Indonésie. Le Canada a annoncé une intention similaire, tandis qu’un projet de loi est à l’étude en France pour les moins de 15 ans.
Le gouvernement britannique prévoit également des restrictions sur les plateformes de jeux vidéo et de streaming, avec notamment le blocage de certaines fonctions permettant à des inconnus de communiquer avec des mineurs, ainsi que des couvre-feux nocturnes et des limitations du défilement automatique de contenus pour les moins de 18 ans. Les mineurs ne pourront pas non plus utiliser de chatbots IA simulant des relations sexuelles ou des jeux de rôle. De son côté, l’organisation TechUK, qui représente la majorité des plateformes concernées, a estimé que ces mesures risquaient de déplacer le problème plutôt que de le résoudre.
