Le gouvernement français a présenté ce mardi plusieurs mesures destinées à renforcer la protection des enfants et à améliorer le traitement des affaires de violences sexuelles. Ces annonces interviennent quelques jours après la mort de Lyhanna, une collégienne de 11 ans dont l’affaire a suscité une vive émotion à travers le pays.
Réuni à Matignon avec plusieurs membres du gouvernement, le Premier ministre Sébastien Lecornu a notamment proposé un durcissement des sanctions contre les violeurs en série. Ces derniers pourraient désormais encourir la réclusion criminelle à perpétuité, contre une peine maximale de vingt ans actuellement.
L’exécutif souhaite également accélérer le traitement des dossiers impliquant des mineurs. Les actes d’enquête relatifs aux crimes commis contre des enfants devraient ainsi être réalisés dans un délai maximal de trois mois. Une mesure qui fait directement écho aux critiques visant la gestion du dossier de Jérôme Barella, principal suspect dans l’affaire Lyhanna, qui avait déjà fait l’objet de plusieurs plaintes et signalements avant le drame.
Le gouvernement a indiqué que ces dispositions seront intégrées au futur projet de loi sur la protection de l’enfance, dont l’examen est prévu au Parlement au cours du mois de juillet. D’autres mesures sont également en préparation.
Parallèlement, la pression continue de monter sur les autorités. Plusieurs manifestations ont eu lieu ces derniers jours en France pour dénoncer les dysfonctionnements révélés par cette affaire. Des proches de victimes reprochent notamment à la justice de ne pas avoir réagi suffisamment rapidement malgré les alertes existantes.
Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a reconnu l’existence de défaillances dans le traitement du dossier. Selon lui, les informations disponibles auraient dû permettre une intervention plus rapide des autorités. Il a toutefois estimé que le problème relevait davantage d’un manque de priorisation des plaintes pour violences sexuelles que d’un déficit de moyens.
Dans ce contexte, une revue des plaintes impliquant des enfants actuellement en attente dans les tribunaux français a été ordonnée. Les autorités souhaitent identifier les dossiers nécessitant une prise en charge urgente afin d’éviter qu’un tel drame ne se reproduise.
L’affaire Lyhanna continue de bouleverser l’opinion publique française et relance le débat sur la protection des mineurs ainsi que sur la capacité de la justice à traiter efficacement les signalements de violences sexuelles.
