Le gouvernement britannique envisage la libération anticipée de 5 000 détenus pour faire face à la saturation des prisons. Parmi les personnes potentiellement concernées figurent deux hommes condamnés pour le meurtre du policier Andrew Harper en 2019, provoquant une vive controverse dans le pays.
Depuis 2024, les prisons d’Angleterre et du pays de Galles fonctionnent régulièrement à un niveau proche de leur capacité maximale. Selon les autorités, les établissements devraient être saturés dès novembre 2026. Pour éviter cette situation, le gouvernement prévoit notamment de libérer certains détenus après l’exécution d’un tiers de leur peine, alors que la libération intervient habituellement après la moitié de la peine. Les personnes condamnées pour viol ou agressions sexuelles sur des enfants ne seront pas concernées par ce dispositif. Mais Albert Bowers et Jessie Cole pourraient, eux, en bénéficier.
Les deux hommes ont été condamnés en 2020 à 16 et 13 ans de prison pour avoir tué Andrew Harper, un policier intervenu lors d’un cambriolage en 2019. Ils devraient devenir éligibles à une libération anticipée à partir de janvier. Cette perspective provoque la colère de la famille du policier, qui estime que les proches de la victime n’ont pas été suffisamment pris en compte. Depuis plusieurs semaines, ils demandent que les deux détenus soient exclus du programme.
Le Premier ministre britannique Andy Burnham dit comprendre leur position. Il a reçu la famille à Downing Street et cherche une solution pour empêcher la libération des deux condamnés.
Les commissaires de police réclament leur maintien en prison
La contestation s’étend également aux forces de l’ordre. Cinquante commissaires de police ont signé une lettre ouverte demandant que les deux meurtriers restent incarcérés. Ils estiment qu’une libération anticipée en raison de la saturation des prisons enverrait un mauvais signal aux policiers et aux autres membres des services de secours.
Une loi baptisée « Harper’s Law », adoptée en 2022, prévoit par ailleurs la perpétuité automatique pour les personnes reconnues coupables du meurtre d’un membre des services d’urgence, notamment les policiers, pompiers et ambulanciers.
Pour réduire durablement la pression sur les prisons, le gouvernement britannique prévoit la création d’environ 10 000 places supplémentaires au cours des six prochaines années. D’autres pistes sont également envisagées, notamment le transfert de détenus étrangers vers leur pays d’origine ou la libération de davantage de femmes condamnées à de courtes peines afin de transformer certaines prisons pour femmes en établissements destinés aux hommes.
