Le Liechtenstein ouvre désormais la succession au trône aux femmes. La Maison princière a annoncé samedi 15 août, à l’occasion de la fête nationale, la fin de la règle qui réservait jusqu’ici la couronne aux hommes.
Désormais, le trône reviendra à l’aîné des enfants du souverain, sans distinction de sexe. Cette réforme met fin à une tradition dans cette petite monarchie constitutionnelle de quelque 40 000 habitants, située entre la Suisse et l’Autriche.
Le pays est dirigé par le prince souverain Hans-Adam II depuis 1989, tandis que son fils, le prince héréditaire Aloïs, assure la gestion des affaires courantes depuis 2004. En 2019, Aloïs s’était encore déclaré opposé à l’idée qu’une femme puisse accéder au trône, invoquant notamment la stabilité de la monarchie. Le prince héréditaire justifie aujourd’hui cette évolution par la volonté de garantir que la Principauté soit dirigée par la personne la mieux préparée. Il souligne que les enfants du souverain, garçons comme filles, grandissent à Vaduz et sont familiarisés dès leur plus jeune âge avec les particularités du pays et de la Maison princière.
Cette réforme reste principalement symbolique à court terme. Aloïs a quatre enfants, dont une fille, mais celle-ci occupe actuellement la deuxième place dans l’ordre de succession.
Un changement dans un pays conservateur
L’évolution intervient alors que le Liechtenstein reste considéré comme en retard sur plusieurs questions liées aux droits des femmes. Le droit de vote ne leur a été accordé qu’en 1984 et l’avortement demeure interdit. Le Parlement pourrait toutefois prochainement examiner une dépénalisation de l’interruption volontaire de grossesse. Sur ce sujet, le prince Aloïs a déjà averti qu’il pourrait utiliser son droit de veto.
