La Suisse ne deviendra pas le premier pays au monde à plafonner sa population. Les électeurs ont rejeté ce dimanche l’initiative « Non à une Suisse à 10 millions d’habitants », portée par le parti populiste et nationaliste UDC, qui proposait notamment de restreindre le droit d’asile et le regroupement familial. Selon les résultats encore provisoires, le non l’emporte à environ 55 %.
Le scrutin, qui s’annonçait particulièrement serré, a confirmé la tendance publiée une trentaine de minutes après la fermeture des bureaux de vote. La carte des résultats illustre une nouvelle fois la fracture habituelle du pays : la Suisse alémanique, à l’est, s’est montrée plus sensible aux arguments anti-immigration de l’UDC, tandis que la Suisse romande et italophone, à l’ouest et au sud, a voté plus largement contre le texte. À Genève, frontalier de la France, le rejet atteint 65 %.
Ce résultat soulage le gouvernement suisse, qui craignait une nouvelle crise avec l’Union européenne en cas de remise en cause forcée de l’accord de libre circulation des personnes. L’UDC, premier parti du pays, peut néanmoins se prévaloir d’un score serré, signe de sa capacité à mobiliser une large part de l’électorat sur ce thème.
