Les négociations d’adhésion de l’Ukraine et de la Moldavie à l’Union européenne ont débuté ce lundi 15 juin à Luxembourg. Elles portent sur des domaines clés tels que la lutte contre la corruption, l’indépendance de la justice, le contrôle des frontières et les droits des minorités, et doivent aboutir à une feuille de route définissant les réformes attendues des deux pays pour se conformer aux standards européens.
La présidente moldave Maia Sandu a affirmé que son pays était prêt à ouvrir l’ensemble des chapitres de négociation, soulignant les réformes déjà engagées et la volonté de poursuivre dans cette direction.
Le dossier moldave présente toutefois une difficulté particulière : la région séparatiste de Transnistrie, soutenue par la Russie et représentant plus de 10 % du territoire national, échappe au contrôle de Chisinau depuis plus de trente ans. Les réformes négociées avec l’UE ne pourront donc s’appliquer à cette zone.
Selon le politologue Sergiu Miscoiu, cet obstacle reste surmontable pour les Européens, qui s’appuieraient sur le précédent chypriote. En 2004, lors de l’adhésion de Chypre à l’UE, le droit européen avait été limité à la partie de l’île contrôlée par le gouvernement reconnu. Un scénario similaire pourrait s’appliquer à la Moldavie : le traité d’adhésion ne s’exercerait pas sur le territoire transnistrien tant qu’une réunification n’aurait pas eu lieu, et les progrès de Chisinau ne seraient évalués que sur le territoire qu’elle contrôle effectivement.
L’Ukraine et la Moldavie avaient déposé leur candidature en 2022, dans les jours suivant l’invasion russe de l’Ukraine. Après la levée du veto hongrois, les 27 États membres de l’UE ont approuvé à l’unanimité l’ouverture des négociations sur un premier ensemble de dossiers. La Moldavie espère intégrer l’Union européenne d’ici 2030, bien que Bruxelles n’ait pour l’heure fixé aucune date ni calendrier officiel.
