Huit ans après l’effondrement du pont Morandi à Gênes, qui avait fait 43 morts, la justice italienne a condamné jeudi 16 juillet 32 personnes à des peines allant jusqu’à 12 ans de prison. Ce verdict met un terme à l’un des procès les plus marquants de ces dernières années en Italie.
Parmi les principaux condamnés figure Giovanni Castellucci, ancien directeur général d’Autostrade per l’Italia (Aspi), gestionnaire du pont au moment du drame. Déjà incarcéré dans une autre affaire, il a écopé de la peine la plus lourde après avoir été reconnu coupable de négligence et d’homicide involontaire. D’autres anciens dirigeants d’Autostrade ont également été condamnés, tout comme un ex-responsable du ministère italien des Infrastructures chargé du contrôle des concessions autoroutières. Au total, 32 des 57 prévenus ont été reconnus coupables et condamnés à des peines de prison.
Le pont Morandi s’était effondré le 14 août 2018 sous une pluie battante, provoquant la chute de dizaines de véhicules et la mort de 43 personnes. L’accident avait profondément choqué l’Italie et relancé le débat sur l’état des infrastructures du pays. Au cours du procès, les magistrats ont estimé que des travaux de maintenance indispensables n’avaient jamais été réalisés sur l’un des piliers du viaduc, malgré des signes de fragilité connus depuis plusieurs années. Selon l’accusation, ces négligences ont directement contribué à la catastrophe.
À l’annonce du verdict, les proches des victimes ont salué une décision historique. Plusieurs responsables politiques ont également estimé que la justice avait établi les responsabilités dans un drame qui, selon eux, aurait pu être évité. Les entreprises Autostrade per l’Italia et sa filiale Spea n’ont toutefois pas été jugées, ayant conclu un accord avec le parquet avant l’ouverture du procès. Les avocats de Giovanni Castellucci ont annoncé leur intention de faire appel, continuant de soutenir que l’effondrement serait lié à un défaut de conception plutôt qu’à un manque d’entretien.
