L’Union européenne et le Royaume-Uni ont annoncé, ce lundi 13 juillet, une nouvelle série de sanctions contre la Russie, accusée d’être à l’origine d’une vaste campagne de cyberattaques visant plusieurs pays européens. De son côté, la France a décidé de convoquer l’ambassadeur russe à Paris dans les prochains jours afin de dénoncer ces opérations.
Dans un communiqué, l’Union européenne affirme que le 16ᵉ Centre du Service fédéral de sécurité russe (FSB) supervise plusieurs groupes spécialisés dans les cyberattaques, dont le collectif Turla. Ce dernier est accusé de mener depuis plusieurs années des opérations d’espionnage informatique contre les États membres de l’UE, leurs partenaires ainsi que l’Ukraine. Considéré comme l’un des principaux outils de cyberespionnage attribués au FSB, Turla se distingue d’autres groupes russes tels que Sandworm, généralement associé au renseignement militaire russe (GRU) et à des opérations de sabotage de grande ampleur. Les activités de Turla sont davantage orientées vers l’infiltration discrète des systèmes informatiques et la collecte de renseignements.
Selon les autorités européennes, les cyberattaques ont notamment visé la France, l’Allemagne, la Pologne, Chypre, les Pays-Bas et la Finlande. En France, les services de l’État seraient ciblés depuis 2010, tandis que des entreprises du secteur de la défense auraient été visées à partir de 2025. En Pologne, certaines attaques auraient provoqué des actes de sabotage contre des infrastructures, notamment des centrales de chauffage urbain. En réponse, l’Union européenne a adopté des sanctions contre neuf personnes et quatre entités, parmi lesquelles figurent des membres présumés du renseignement militaire russe et des cybercriminels. Le Royaume-Uni a également annoncé des mesures similaires et a appelé Moscou à respecter les règles internationales encadrant le cyberespace.
La France entend également durcir sa réponse. Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a confirmé que des sanctions nationales seraient prises contre les responsables présumés de cette campagne de cyberattaques. Il a aussi annoncé la convocation de l’ambassadeur de Russie à Paris. Le ministère français a précisé que les mesures viseront notamment un groupe qui aurait revendiqué des actions de déstabilisation à l’encontre des Jeux olympiques de Paris 2024. Le Quai d’Orsay accuse la Russie d’avoir intensifié ses opérations cybernétiques ces dernières années, en particulier contre l’Ukraine et les pays qui la soutiennent. Selon les autorités françaises, Moscou combine ses propres capacités offensives avec l’action de groupes non étatiques, notamment des collectifs se présentant comme des « hacktivistes », afin de mener des opérations de déstabilisation.
Les services français attribuent ces opérations contre la France à l’unité 61240 du 16ᵉ Centre du FSB, basée près de Saint-Pétersbourg. Parmi les attaques recensées figurent des intrusions dans les systèmes de messagerie du ministère des Armées, du réseau de l’ambassade de France à Moscou ainsi que le piratage, en février 2025, d’un institut de recherche travaillant sur des technologies sensibles pour l’industrie de la défense, entraînant le vol d’un important volume de données.
