Le Parlement hongrois a adopté lundi un amendement constitutionnel ouvrant la voie au départ du président Tamas Sulyok, proche de l’ancien Premier ministre Viktor Orban. Ce texte, porté par la nouvelle majorité dirigée par Peter Magyar, marque une nouvelle étape dans le démantèlement des institutions mises en place sous l’ère Orban.
Adopté par 139 voix contre 6, lors d’un scrutin boycotté par les députés du Fidesz, l’amendement prévoit la fin du mandat présidentiel dès son entrée en vigueur. Le Parlement devra ensuite élire un nouveau chef de l’État pour un mandat de cinq ans.
Le Premier ministre Peter Magyar, arrivé au pouvoir après les élections législatives d’avril, a salué un vote qui, selon lui, achève la réforme constitutionnelle du « système Orban ». Il accuse Tamas Sulyok d’avoir servi de « marionnette » à son prédécesseur et lui a donné cinq jours pour démissionner ou signer l’amendement. À défaut, une procédure de destitution pourrait être engagée. Depuis les États-Unis, où il assiste à la phase finale de la Coupe du monde 2026, Viktor Orban a dénoncé cette initiative et appelé ses partisans à « résister » si le président était évincé de force.
De son côté, Tamas Sulyok estime que cette réforme porte atteinte aux principes de l’État de droit, de la démocratie et de la séparation des pouvoirs. Plusieurs organisations de défense des droits humains, dont Amnesty International et Human Rights Watch, ont également exprimé leurs inquiétudes quant au respect des procédures constitutionnelles. Le gouvernement de Peter Magyar présente toutefois cette réforme comme une mesure transitoire avant l’adoption d’une nouvelle Constitution, élaborée à l’issue d’une consultation publique.
« Affaire à suivre dans les prochains jours selon la décision du chef de l’État »
