Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a annoncé mardi 18 août l’expulsion imminente de deux diplomates iraniens en poste en France. Cette décision intervient en réponse au refus de l’Iran de laisser revenir deux diplomates français déclarés persona non grata après leur brève arrestation à Téhéran le 19 juillet.
L’ambassadeur iranien a été convoqué au Quai d’Orsay mardi pour se voir notifier cette décision. « Deux diplomates iraniens en France seront expulsés dans les tout prochains jours », a déclaré Barrot sur le réseau social X et dans un entretien au quotidien La Montagne.
Les faits remontent au 19 juillet, lorsque deux diplomates français, dont l’attaché culturel de l’ambassade, avaient été brièvement arrêtés à Téhéran lors d’une réunion de travail avec deux graphistes iraniens. Ils avaient été « détenus sans raison pendant plusieurs heures et interrogés », selon Paris, l’un d’eux ayant été « molesté ». Les autorités iraniennes avaient démenti ces faits, affirmant que les diplomates n’avaient été que « brièvement interrogés » après avoir rencontré « des personnes recherchées ».
La réunion en question portait sur Villa Zadig, un programme de résidences et d’échanges artistiques porté par le service culturel de l’ambassade de France en Iran. Les deux graphistes présents, Aria Kasaei, 46 ans, et Elahe « Elly » Naghilou, 36 ans, ont été arrêtés au cours de cette réunion et sont toujours détenus selon leurs proches.
Barrot a dénoncé les « accusations totalement mensongères » des autorités iraniennes, qui ont qualifié la démarche française de « vaste projet visant à exercer une influence en Iran ». Le chef de la diplomatie française a estimé que « le peuple iranien est la principale victime de cette période d’extrême tension, pris en étau entre la répression sanglante des manifestations de janvier 2026 et les bombardements ».
Les relations diplomatiques entre Paris et Téhéran sont extrêmement tendues depuis plusieurs années. Jusqu’à sept Français avaient été détenus simultanément par l’Iran en 2023. Les deux derniers, Cécile Kohler et Jacques Paris, avaient pu quitter le pays début avril.
