Dix associations tirent la sonnette d’alarme sur le recul des politiques européennes en matière d’environnement et de santé. Selon elles, plus de 20 mesures réduisant les protections ont déjà été adoptées et une trentaine d’autres pourraient encore être actées dans les prochains mois.
Cette évolution intervient deux ans après la réélection d’Ursula von der Leyen à la tête de la Commission européenne. Lors de son premier mandat, elle avait notamment porté le Pacte vert européen. Les associations estiment que ces changements auront des conséquences concrètes pour les citoyens, notamment sur l’accès aux voitures électriques, l’utilisation de pesticides, les produits chimiques présents dans les cosmétiques, la pollution des cours d’eau ou encore la lutte contre la déforestation.
De son côté, la Commission européenne défend un assouplissement de certaines règles afin de réduire les contraintes pesant sur les entreprises et de renforcer leur compétitivité, notamment face à la Chine et à la politique commerciale des États-Unis.
Les lobbys dans le viseur
Les ONG dénoncent également les pressions exercées par les milieux économiques sur les institutions européennes. Selon Reclaim Finance, environ 16 000 lobbyistes représentant des intérêts privés ont fréquenté le Parlement européen en moins de quatre mois durant l’automne 2025.
Les associations accusent notamment les grandes entreprises européennes des secteurs les plus polluants, ainsi que certaines entreprises américaines, de chercher à infléchir les politiques environnementales européennes. Elles dénoncent aussi les alliances entre la droite européenne et l’extrême droite sur plusieurs textes liés à la protection de l’environnement.
Des pressions venues de l’étranger
Le rapport pointe enfin l’influence de certaines puissances étrangères, notamment les États-Unis et le Qatar. Selon les associations, ces pays auraient intérêt à voir l’Union européenne réduire ses ambitions en matière de transition énergétique, leurs économies reposant notamment sur les exportations d’énergies fossiles.
Les ONG rappellent par ailleurs que les phénomènes climatiques extrêmes ont déjà entraîné des pertes économiques estimées à 26 milliards d’euros par an dans l’Union européenne au cours de la dernière décennie. Pour les associations, le recul des normes environnementales intervient donc alors que les effets du changement climatique continuent de s’intensifier.
