L’Alliance de la presse d’information générale (Apig), qui regroupe près de 300 quotidiens français, a saisi mardi 11 août l’Autorité de la concurrence contre Google. En cause : le déploiement fin juillet par le géant américain de ses résumés générés par intelligence artificielle, les « Aperçus IA », sans autorisation préalable ni rémunération des éditeurs de presse.
Google a lancé le 22 juillet en France ces résumés de résultats de recherche accompagnés d’un mode conversationnel permettant à l’utilisateur de dialoguer directement avec le moteur de recherche. Les liens classiques apparaissent désormais sous ces deux fonctionnalités. Selon l’Apig, « les éditeurs ont été mis devant le fait accompli », ce lancement étant intervenu « avant l’ouverture d’une négociation transparente et de bonne foi ».
L’alliance demande à l’Autorité d’intervenir pour que Google respecte les engagements pris en 2022 dans le cadre des accords sur les droits voisins, qui permettent aux journaux, magazines et agences de presse d’être rémunérés lorsque leurs contenus sont utilisés par les géants du numérique. Google avait alors conclu des accords avec 450 éditeurs français. En mars 2024, l’Autorité de la concurrence lui avait déjà infligé une amende de 250 millions d’euros pour non-respect de certains de ces engagements.
Pour les médias, l’enjeu est considérable. L’Arcom a évalué entre 33% et 38% la perte de trafic attribuable aux résumés générés par IA sur les marchés européens où ils sont déployés. Un risque aggravé par les baisses de revenus qui touchent déjà le secteur et les suppressions de postes annoncées dans plusieurs groupes de médias.
Marc Feuillée, président de l’Apig et directeur général du groupe Figaro, a tenu à clarifier la position des éditeurs. « Les éditeurs ne demandent pas d’arrêter l’innovation. Ils demandent que cette valeur soit partagée et que l’utilisation de leurs productions soit rémunérée, comme la loi l’exige », a-t-il déclaré, précisant que cette saisine « ne ferme nullement la voie à la négociation ».
