Une filiale du groupe français Framatome a obtenu l’autorisation de produire du combustible nucléaire dans son usine de Lingen, en Allemagne, dans le cadre d’un partenariat avec l’entreprise russe Rosatom. La décision suscite une vive controverse politique en pleine discussion européenne sur un nouveau paquet de sanctions contre la Russie.
La production de ces barres de combustible est destinée à alimenter les centrales nucléaires de l’est de l’Europe, construites avec des technologies russes. Le ministère fédéral de l’Environnement a estimé que l’absence de sanctions européennes contre la Russie dans le secteur nucléaire ne permettait pas d’interdire cette coopération franco-russe. Contraint d’autoriser le projet, le ministre écologiste de l’Environnement de la région de Basse-Saxe, Christian Meyer, n’a pas dissimulé son opposition. « Ça n’est pas une usine de chocolats. C’est un signal désastreux pour l’indépendance énergétique de l’Europe », a-t-il déclaré.
Les critiques ne viennent pas uniquement des Verts. Le député CDU Marc Heinrichmann, qui préside la commission parlementaire de contrôle des services secrets, estime que la Russie cherche à « conserver le contrôle des points centraux de nos infrastructures critiques ». Il a appelé Framatome à renoncer à son partenariat avec Rosatom, soulignant qu’une alternative existe, les États-Unis fournissant déjà des barres de combustible nucléaire à l’Ukraine.
Les autorités ont toutefois indiqué que des mesures de sécurité strictes encadreront la coopération. Les employés de la filiale de Rosatom n’auront accès au site de Lingen que dans des cas exceptionnels et limités, et l’ensemble des équipements et logiciels russes feront l’objet d’une vérification approfondie, dans un contexte marqué par une hausse des tentatives d’espionnage et de cyberattaques russes.
