Le Premier ministre britannique démissionnaire Keir Starmer a dévoilé un vaste plan de modernisation militaire, avec l’objectif de préparer une armée britannique pleinement opérationnelle d’ici 2030. Malgré son départ imminent de Downing Street, il entend laisser un cap stratégique clair face à la montée des tensions internationales.
Londres prévoit de porter ses dépenses militaires à près de 300 milliards de livres sur les quatre prochaines années afin de renforcer ses capacités de défense. Ce plan, présenté avant le sommet de l’NATO prévu les 7 et 8 juillet en Turkey, vise à adapter l’armée britannique aux nouvelles menaces.
Le programme met un accent particulier sur les drones et les systèmes autonomes, tirant les leçons des conflits en Ukraine et au Moyen-Orient. Environ 5 milliards de livres seront investis dans des drones de déminage et d’attaque à faible coût. En parallèle, 63 milliards de livres seront consacrés au renforcement de la dissuasion nucléaire britannique, tandis que 11 milliards serviront à reconstituer les stocks de munitions et d’armements.
Le gouvernement britannique prévoit également d’accélérer la transformation de la Royal Navy en une flotte hybride combinant navires traditionnels et bâtiments autonomes fonctionnant grâce à l’intelligence artificielle. Au moins six nouveaux navires de guerre seront construits.
Ce plan intervient dans un contexte politique tendu au United Kingdom. Les hésitations budgétaires autour de cette réforme avaient contribué à la crise politique récente, provoquant notamment la démission de John Healey du gouvernement. Plusieurs responsables militaires avaient alerté sur le risque d’un plan insuffisant face aux défis sécuritaires actuels.
Au total, 15 milliards de livres supplémentaires ont été débloqués sur quatre ans, bien en dessous des 28 milliards réclamés par l’état-major. Pour financer cet effort, le gouvernement prévoit de suspendre certains projets jugés non prioritaires dans les secteurs de l’énergie et des transports.
Démissionnaire, Keir Starmer participera au sommet de l’NATO, mais la mise en œuvre de cette stratégie devrait revenir à son probable successeur, Andy Burnham, attendu à Downing Street dans les prochaines semaines.
