À quelques jours de la fin du mandat de Patrice Talon, la question d’une éventuelle grâce présidentielle accordée à plusieurs figures politiques détenues continue d’alimenter le débat public au Bénin. Lors d’une conférence de presse tenue mercredi 20 mai 2026 à Cotonou, le porte-parole du gouvernement, Wilfried Léandre Houngbédji, a laissé planer le doute sur une possible décision de dernière minute du chef de l’État sortant.
Le gouvernement béninois entretient le suspense
À quatre jours de la passation de pouvoir prévue le 24 mai 2026, l’exécutif béninois refuse toujours de confirmer ou d’exclure une grâce présidentielle en faveur de certaines personnalités politiques condamnées par la justice.
Face aux médias, Wilfried Léandre Houngbédji a déclaré que « beaucoup de choses peuvent se passer en 96 heures », une phrase qui ravive les spéculations autour d’un éventuel geste d’apaisement politique avant l’investiture du président élu Romuald Wadagni.
Toutefois, le gouvernement rejette catégoriquement l’expression de « détenus politiques ». Selon le porte-parole de l’exécutif, les personnes concernées ont été condamnées pour des infractions de droit commun et non pour leurs opinions politiques.
Reckya Madougou, Joël Aïvo et Olivier Boko au centre des attentes
Plusieurs figures politiques sont régulièrement citées dans les débats autour d’une éventuelle mesure de clémence présidentielle. Parmi elles figurent Reckya Madougou, condamnée à 20 ans de prison, le constitutionnaliste Joël Aïvo, condamné à 10 ans d’emprisonnement, ainsi que Olivier Boko, ancien proche allié de Patrice Talon.
Des militants du parti d’opposition Les Démocrates ainsi que plusieurs exilés politiques béninois sont également concernés par les appels à l’apaisement lancés par des organisations et acteurs de la société civile.
Patrice Talon reste fidèle à sa position
Dans une récente interview accordée à Jeune Afrique, Patrice Talon avait pourtant exprimé son opposition à une grâce présidentielle avant son départ du pouvoir. Le président béninois estimait qu’une telle décision pourrait être perçue comme un privilège accordé à des personnalités politiques condamnées par la justice.
Malgré cette position affichée, les déclarations du gouvernement entretiennent l’incertitude dans un climat politique marqué par les attentes autour d’une décrispation nationale avant l’arrivée du nouveau pouvoir.
