Au moins 1 900 vols ont été retardés ou annulés depuis le 8 septembre, au départ et à destination de 15 aéroports, dont Londres, Birmingham, Manchester ou Édimbourg, ainsi que Dublin, en raison d’un problème technique au sein du système national de contrôle du trafic aérien. Le patron de l’organisme a été convoqué mercredi 9 septembre, alors que la piste de la cyberattaque a été écartée.
Selon le spécialiste des données aériennes Cirium, 1 746 vols ont été supprimés mardi à cause de l’incident. Quelque 327 autres ont été annulés mercredi à la mi-journée, la majorité à l’aéroport londonien d’Heathrow, portant le total à 2 073 annulations.
Une panne difficile à résorber
La panne est survenue mardi en début d’après-midi, selon l’organisme de contrôle aérien NATS, qui a affirmé mardi vers 19h30 avoir résolu le dysfonctionnement à l’origine des perturbations, tout en reconnaissant que s’en remettre prendrait du temps en raison du retard accumulé. L’entreprise fournit ses services à 15 aéroports, dont Heathrow, le premier d’Europe en nombre de passagers en 2025, mais aussi Londres Gatwick, Manchester ou Birmingham.
Au moins 85 000 voyageurs ont été affectés par ce que NATS qualifie de simple dysfonctionnement. La ministre britannique des Transports, Heidi Alexander, attend des explications de la part de Martin Rolfe, le patron de NATS, qui devra rassurer le gouvernement sur le bon fonctionnement de ses services.
La cyberattaque écartée
Directeur exécutif de NATS depuis 2015, Martin Rolfe a exclu sur la BBC qu’il s’agisse d’une cyberattaque, promettant une enquête très approfondie. Il assure prendre l’entière responsabilité de cet incident technique, qui a cloué au sol des centaines de vols à travers le Royaume-Uni.
Un troisième incident en trois ans
Plusieurs compagnies aériennes, dont Ryanair, ont appelé à la démission de Martin Rolfe, ce dysfonctionnement étant le troisième attribuable à NATS en trois ans, chacun ayant entraîné d’importantes perturbations du trafic aérien, des retards, des annulations et un effet boule de neige. Il faut souvent plusieurs jours pour absorber ces perturbations, ce qui engendre des coûts importants pour les voyageurs comme pour les compagnies.
British Airways, qui a dû détourner plus d’une centaine de vols mardi après-midi, a prévenu que la gravité du problème entraînerait des répercussions importantes, faute d’avions et d’équipages disponibles. En 2023, le Royaume-Uni avait connu sa pire panne de contrôle aérien depuis des années, affectant plus de 700 000 passagers. En juillet 2025, une autre panne avait de nouveau provoqué l’annulation de nombreux vols.
NATS fonctionne depuis 2001 sous le modèle d’un partenariat public-privé, l’État britannique détenant 49 % du capital de la société, ainsi qu’une action en or lui permettant d’intervenir dans les décisions stratégiques, le reste étant détenu principalement par un consortium de compagnies aériennes.
