Après les incendies historiques de l’été, l’intersyndicale des pompiers a lancé un préavis de grève nationale du 8 septembre au 20 octobre 2026. Le mouvement vise à dénoncer le manque de mesures concrètes dans la gestion des services départementaux d’incendie et de secours (SDIS), les syndicats pointant l’insuffisance des moyens et des recrutements.
120 000 hectares partis en fumée, plus de 250 000 pompiers mobilisés sur des incendies : ces chiffres résument à eux seuls la situation des pompiers français, débordés durant l’été 2026. À compter de ce mardi 8 septembre, les neuf syndicats représentatifs de la profession, dont huit réunis en intersyndicale, appellent à la grève.
Un été marqué par des pertes humaines et des blessures
Sébastien Bouvier, chargé de mission du syndicat CFDT auprès des SDIS, témoigne d’un été particulièrement difficile pour la profession. Il évoque une colère générale, avec quatre morts et, sur près de 1 800 pompiers engagés, plus de 300 blessés, dont plus de 50 intoxiqués au monoxyde de carbone. Au plus fort des interventions en Gironde, 3 300 pompiers étaient mobilisés, beaucoup venus d’autres régions de France.
Pour les syndicats, ce manque de moyens financiers et matériels a provoqué l’épuisement des équipes. Sébastien Bouvier pointe notamment le financement des SDIS, la majorité d’entre eux rencontrant des difficultés financières sans appui suffisant de l’État.
Une manifestation prévue à Paris le 29 septembre
Face à cette crise, le syndicaliste alerte sur l’urgence d’améliorer les conditions de travail des pompiers, alors que le réchauffement climatique risque d’accroître le nombre de feux. Il dénonce notamment l’exposition des pompiers à des risques sans les équipements de protection adéquats, rappelant que le code du travail doit s’appliquer à eux comme à tous les autres salariés.
Grâce à cette mobilisation, l’intersyndicale espère faire de la santé des personnels une priorité nationale et obtenir le recrutement de 21 000 sapeurs-pompiers professionnels supplémentaires. Ce mardi, à 11 heures, au ministère de l’Intérieur, les premiers chapitres d’un projet de loi de modernisation de la sécurité civile doivent être présentés aux syndicats. Le préavis de grève court jusqu’au 20 octobre, date du début de l’examen du projet de loi de finances censé contenir d’autres mesures les concernant, avec pour point d’orgue une manifestation prévue à Paris le 29 septembre.
