Le parquet européen (EPPO) a annoncé, jeudi 16 juillet, des poursuites contre 22 personnes, dont quatre députés grecs, dans le cadre d’une vaste enquête sur un présumé détournement de subventions agricoles de l’Union européenne.
Selon les enquêteurs, des millions d’euros issus de la Politique agricole commune (PAC), destinés à soutenir de jeunes agriculteurs, auraient été détournés au profit d’élus, de fonctionnaires et de bénéficiaires non éligibles. Le préjudice est actuellement estimé à 23 millions d’euros, mais son montant pourrait être plus élevé. L’affaire secoue la vie politique grecque depuis sa révélation en 2025 et fragilise le gouvernement du Premier ministre Kyriakos Mitsotakis. Plusieurs ministres avaient déjà quitté leurs fonctions et des dizaines de personnes ont été interpellées dans le cadre de l’enquête.
Parmi les quatre députés poursuivis, trois sont accusés d’abus de confiance, tandis que le quatrième est soupçonné d’avoir favorisé une gestion illégale de fonds européens. Selon plusieurs médias grecs, ils appartiendraient au parti au pouvoir, Nouvelle Démocratie. L’enquête vise également plusieurs anciens hauts responsables administratifs, dont un ancien président de l’OPEKEPE, l’organisme chargé du versement des aides agricoles européennes, ainsi que deux anciens directeurs régionaux.
En revanche, les poursuites contre sept députés en exercice et deux anciens parlementaires ont été abandonnées, le parquet estimant que les preuves étaient insuffisantes. Les enquêteurs évoquent des pratiques récurrentes de corruption, notamment des manipulations de procédures administratives, des modifications de données après les contrôles obligatoires et la délivrance de fausses certifications.
En cas de condamnation, les personnes poursuivies risquent jusqu’à cinq ans de prison. L’enquête, qui porte sur des faits remontant à 2018, continue de progresser à l’approche des prochaines élections législatives en Grèce.
