À quelques jours de la rentrée scolaire, les proviseurs français doivent préparer l’interdiction du téléphone portable dans les lycées. Confirmée par le gouvernement pour la rentrée, la mesure suscite des interrogations sur sa mise en œuvre, notamment en raison du manque de temps et de moyens.
Pour appliquer l’interdiction, les établissements doivent notamment modifier leur règlement intérieur. Selon Audrey Chanonat, proviseure à Poitiers et membre du principal syndicat des personnels de direction, cette procédure nécessite de réunir plusieurs instances, dont le Conseil de vie lycéenne, le conseil pédagogique et le conseil d’administration.
« Modifier le règlement intérieur, c’est réunir le Conseil de vie lycéenne, c’est réunir le conseil pédagogique, c’est réunir le conseil d’administration », explique-t-elle, estimant impossible de mener ces démarches pendant les vacances pour une application dès septembre.
Le ministre de l’Éducation, Édouard Geffray, a précisé que les téléphones devront être éteints et rangés dans les sacs ou les casiers. Des exceptions pourront toutefois être prévues par les établissements, notamment pour les élèves handicapés, certains usages liés à la vie scolaire ou encore les activités pédagogiques.
La question des moyens matériels et humains reste également posée. Certains établissements pourraient prévoir des espaces spécifiques où l’usage du téléphone serait autorisé, tandis que d’autres pourraient envisager des dispositifs de rangement. Pour les personnels de direction, ces solutions nécessitent toutefois des ressources qui n’ont pas encore été annoncées.
Le syndicat des personnels de direction appelle ainsi les proviseurs à ne pas se précipiter et estime que la mise en œuvre complète de la mesure pourrait prendre plusieurs mois, voire près d’un an.
Du côté des lycéens, Ryad Rani, président de l’Union syndicale lycéenne, juge la mesure « démagogique » et estime qu’il faudrait plutôt privilégier la sensibilisation et l’éducation à un usage responsable du téléphone.
