Le gouvernement français a gelé pour six mois les avoirs de la chroniqueuse russe Xenia Fedorova, selon un arrêté publié vendredi 31 juillet au Journal officiel. Cette mesure complète l’arrêté d’expulsion adopté mercredi par le ministère de l’Intérieur. Accusée d’être un relais de la désinformation russe en France, elle est depuis mercredi assignée à résidence et astreinte à un pointage quotidien au commissariat.
Le ministère de l’Économie et des Finances précise que cet arrêté vise à prévenir de « nouveaux actes d’ingérence » en empêchant la mise à disposition de fonds ou de ressources économiques à son profit. Le gel est renouvelable par la publication d’un nouvel arrêté.
Ancienne directrice de la chaîne d’État russe RT en France, Xenia Fedorova intervient principalement sur CNews, Europe 1 et dans l’hebdomadaire le JDNews, des médias appartenant au milliardaire Vincent Bolloré. Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a justifié vendredi l’arrêté d’expulsion sur RTL, affirmant que la chroniqueuse « reprend systématiquement le verbatim au mot près de la Russie » sur les sujets liés à l’Ukraine et à l’engagement de la France dans le conflit.
L’avocat de Xenia Fedorova, Me Emmanuel Piwnica, a dénoncé une « mesure manifestement illégale » et un « acharnement » contre sa cliente. Ses employeurs Canal+ et Lagardère ont eux aussi condamné mercredi « une atteinte particulièrement grave à la liberté d’expression ». De son côté, le ministre Nuñez a réfuté cette qualification, affirmant que l’arrêté d’expulsion « n’est pas une atteinte à la liberté d’expression ». Xenia Fedorova a fait savoir qu’elle ferait appel de son arrêté d’expulsion.
