Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a dénoncé, vendredi 31 juillet, une « attaque » et une « violation de l’intégrité territoriale de l’Espagne » après l’arrivée massive de migrants dans l’enclave de Ceuta. Cette crise migratoire, qui a déjà provoqué de vives réactions en Europe, alimente également les tensions diplomatiques entre plusieurs États membres de l’Union européenne.
En déplacement à Ceuta, Pedro Sánchez a affiché le soutien de son gouvernement aux autorités locales, confrontées à une situation exceptionnelle. Selon Madrid, près de 60 000 migrants sont entrés illégalement dans l’enclave ces derniers jours, tandis qu’environ 25 000 personnes l’ont déjà quittée. Le chef du gouvernement espagnol estime que cette vague migratoire est alimentée par une interprétation erronée d’une récente décision de la Cour suprême espagnole concernant les migrants arrivés par voie maritime. D’après lui, les réseaux de passeurs auraient exploité cette décision pour faire croire qu’il était désormais impossible de refouler les personnes arrivant par la mer.
Plusieurs pays européens réclament des mesures
La crise dépasse désormais le seul cadre espagnol. En Italie, la présidente du Conseil Giorgia Meloni et son ministre des Affaires étrangères Antonio Tajani ont plaidé pour une suspension de l’Espagne de l’espace Schengen, estimant que Madrid ne protège plus efficacement la frontière extérieure de l’Union européenne. La Finlande a rapidement apporté son soutien à cette position. La ministre finlandaise de l’Intérieur, Mari Rantanen, a jugé que les pays incapables d’assurer la protection des frontières extérieures ne devraient pas pouvoir rester au sein de l’espace Schengen.
Au Danemark, la Première ministre Mette Frederiksen a également estimé que l’Union européenne devait examiner toutes les options, y compris une éventuelle suspension de l’Espagne de Schengen, qualifiant l’immigration incontrôlée de menace pour l’Europe.
Bruxelles et Paris affichent leur soutien à Madrid
Face à la situation, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a dénoncé des images « inacceptables » en provenance de Ceuta. Elle a appelé à mettre fin aux traversées dangereuses, à démanteler les réseaux de passeurs et à accélérer les expulsions dans le respect des règles européennes. La France a également réagi. Emmanuel Macron a demandé au ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez de renforcer les contrôles à la frontière franco-espagnole. Le chef de l’État a par ailleurs assuré que Paris était prêt à apporter son soutien aux autorités espagnoles, notamment à travers l’agence européenne Frontex, si Madrid en faisait la demande.
Cette crise migratoire, sans précédent par son ampleur, relance les débats sur la protection des frontières extérieures de l’Union européenne et sur la solidarité entre les États membres face aux mouvements migratoires.
