La pression migratoire s’intensifie à Ceuta. Les autorités de l’enclave espagnole, située sur la côte nord du Maroc, alertent sur une situation devenue critique après l’arrivée de plus de 1 500 migrants par voie maritime en l’espace de quelques jours. Face à des structures d’accueil saturées, elles réclament une intervention urgente du gouvernement espagnol.
Les scènes observées dans la ville témoignent de l’ampleur de la crise. Des centaines de migrants dorment à même le sol, tandis que des files d’attente se forment devant les centres d’accueil et que des campements de fortune apparaissent dans plusieurs quartiers. Selon les autorités locales, les opérations de sauvetage en mer se multiplient. Plus de 600 personnes ont été secourues ces derniers jours par la Garde civile, les services de secours maritime et la Croix-Rouge.
Des capacités d’accueil saturées
Le Centre d’accueil temporaire des immigrés, conçu pour héberger jusqu’à 500 personnes, a largement dépassé sa capacité. Le président du gouvernement de Ceuta, Juan Jesús Vivas, qualifie la situation d’« extrêmement grave » et affirme que l’ensemble des structures d’accueil de l’enclave sont désormais saturées. Malgré le renforcement des dispositifs de sécurité à la frontière depuis la crise migratoire de 2021, marquée par l’arrivée de près de 10 000 migrants, les traversées par la mer continuent de se multiplier. Les barrières et les clôtures installées autour de Ceuta ne semblent plus suffire à freiner les départs.
Face à cette nouvelle vague migratoire, le gouvernement local estime ne plus disposer des moyens nécessaires pour répondre à l’urgence et appelle Madrid à renforcer rapidement son soutien. De son côté, le ministre espagnol de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, assure que les autorités poursuivent la gestion de la crise avec les dispositifs déjà déployés sur place.
Alors que les traversées se poursuivent, plusieurs observateurs plaident pour la mise en place d’un mécanisme de coordination en temps réel entre l’Espagne et le Maroc afin d’améliorer la gestion des crises migratoires à la frontière.
