Les autorités françaises ont placé en garde à vue le commandant du pétrolier Tagor, un navire soupçonné d’appartenir à la « flotte fantôme » utilisée par la Russie pour contourner les sanctions occidentales sur ses exportations de pétrole.
Le navire, intercepté par la Marine nationale française dans l’océan Atlantique, a été contraint de rejoindre les côtes françaises après avoir refusé de se soumettre à un contrôle. Selon le parquet de Brest, le capitaine, de nationalité russe, fait l’objet d’une enquête pour défaut de pavillon et refus d’obtempérer aux injonctions des autorités maritimes.
Long de 241 mètres, le Tagor naviguait depuis le port russe de Mourmansk en direction de Limbé, au Cameroun, lorsqu’il a été intercepté à plus de 700 kilomètres des côtes bretonnes. Les autorités françaises souhaitaient vérifier la régularité de son immatriculation et les conditions de navigation du bâtiment.
Après son arraisonnement, le pétrolier a été conduit en baie de Douarnenez, où il reste immobilisé pendant la poursuite des investigations. Les services compétents procèdent notamment à des contrôles de sécurité et à des vérifications administratives à bord.
Le Tagor est considéré comme l’un des navires associés à la « flotte fantôme », un réseau de pétroliers utilisé pour poursuivre le commerce du pétrole russe malgré les sanctions imposées par les États-Unis, l’Union européenne et le Royaume-Uni. Le navire aurait changé plusieurs fois de pavillon ces dernières années afin d’échapper aux contrôles internationaux.
Les enquêteurs cherchent également à identifier précisément l’armateur du pétrolier. Selon plusieurs sources spécialisées, le navire serait lié à des intérêts actifs dans le commerce international du pétrole sous sanctions.
Cette opération marque la quatrième interception par la France d’un pétrolier soupçonné d’appartenir à la flotte fantôme russe depuis 2025. Paris a renforcé sa surveillance maritime afin de lutter contre les pratiques visant à contourner les restrictions économiques imposées à Moscou depuis le début du conflit en Ukraine.
L’affaire intervient dans un contexte de pression accrue des pays occidentaux sur les réseaux de transport maritime impliqués dans l’exportation de pétrole russe, un secteur considéré comme stratégique pour les revenus de la Fédération de Russie
