La FIFA aurait accepté de débourser près de 4 millions de dollars sur plus de sept ans pour louer des bureaux dans la Trump Tower, à New York. Selon une enquête du Monde, les locaux seraient souvent inoccupés et leur installation aurait suscité des interrogations sur les procédures internes de validation.
La FIFA se retrouve une nouvelle fois sous le feu des critiques concernant ses dépenses et la manière dont certaines décisions sont prises au sommet de l’organisation. Selon une enquête publiée ce 13 octobre par Le Monde, l’instance mondiale du football s’est engagée à verser près de 4 millions de dollars, soit environ 3,57 millions d’euros, pour louer des bureaux de représentation dans la Trump Tower, à New York.
Le bail, signé en 2025, porte sur une période de sept ans et sept mois. Les locaux concernés, d’une superficie d’environ 450 mètres carrés, se trouvent au 17e étage de l’immeuble appartenant à la Trump Organization. Cette installation intervient dans le contexte de la préparation de la Coupe du monde 2026, organisée aux États-Unis, au Canada et au Mexique. Mais son coût et les conditions de sa validation soulèvent des questions.
Des bureaux souvent inoccupés
D’après les documents consultés par Le Monde, les locaux seraient restés souvent vides. La FIFA affirme toutefois que le bureau est utilisé lorsque ses représentants se trouvent à New York et qu’il accueille des événements réunissant des responsables de fédérations, des représentants gouvernementaux et d’autres acteurs du football. L’instance défend donc la pertinence de sa présence dans une ville qu’elle considère comme un centre international important.
Le débat porte surtout sur le rapport entre le coût de la location et l’utilisation effective des locaux. L’enquête évoque également une facture de près de 100 000 dollars adressée à la FIFA en septembre 2025 pour des travaux de maintenance, d’électricité et de rénovation. Plus préoccupant, selon le quotidien, la commission des finances de la FIFA n’aurait pas été informée de l’installation ni appelée à la valider. La FIFA affirme, de son côté, que le bail a été signé conformément à ses procédures internes habituelles.
L’emplacement choisi attire également l’attention en raison de l’identité du propriétaire de l’immeuble. La Trump Tower appartient à l’environnement économique de Donald Trump, président des États-Unis, pays hôte de la Coupe du monde 2026. Cette situation soulève des interrogations sur les relations entre la FIFA, son président Gianni Infantino et l’administration américaine. Un contrat immobilier conclu avec une entreprise liée au président du pays organisateur ne constitue pas automatiquement un conflit d’intérêts. Il peut néanmoins susciter des questions sur les conditions de sélection du site, le prix négocié et les mécanismes de contrôle appliqués. Pour une organisation internationale chargée de promouvoir l’intégrité du football, la transparence de ce type de décision est essentielle.
Des controverses financières qui s’accumulent
Cette affaire intervient alors que la gouvernance financière de la FIFA fait déjà l’objet de critiques. Une enquête du Times, également rapportée par Reuters, a affirmé que Gianni Infantino aurait reçu 1,76 million de dollars supplémentaires en 2024 par l’intermédiaire de FWC2026 US Inc., une structure américaine liée à l’organisation de la Coupe du monde. Selon ces médias, ce versement n’apparaîtrait pas dans la rémunération présentée dans le rapport annuel de la FIFA pour cette année-là.
Les interrogations ne se limitent pas aux rémunérations. Plus tôt en 2026, un projet de commercialisation d’une partie des actifs de la Coupe du monde auprès d’investisseurs privés avait également suscité des critiques concernant la transparence et la gouvernance. Ces dossiers sont différents. Ils n’établissent pas, à eux seuls, l’existence d’un système généralisé d’irrégularités. Leur accumulation renforce néanmoins les demandes d’explications sur la façon dont les décisions financières sont prises et contrôlées au sein de la FIFA.
