À l’heure de la rentrée scolaire, la rémunération des enseignants français reste au cœur des préoccupations. Les syndicats dénoncent une perte importante de pouvoir d’achat et des salaires inférieurs à ceux de nombreux fonctionnaires et de leurs homologues européens.
La question des salaires revient au premier plan en cette rentrée scolaire en France. Alors que le ministère de l’Éducation nationale avance une rémunération moyenne de 3 090 euros nets par mois pour les enseignants, les syndicats contestent fortement ce chiffre, qu’ils jugent peu représentatif de la réalité vécue par une grande partie de la profession.
Cette moyenne regroupe en effet plusieurs catégories d’enseignants aux grilles salariales différentes, notamment les professeurs des écoles, les certifiés, les agrégés et les professeurs de chaire supérieure. Elle prend également en compte les primes et les heures supplémentaires. Les enseignants contractuels, qui représentent environ 8 % des effectifs et figurent parmi les moins rémunérés, ne sont pas intégrés dans ce calcul.
Pour les syndicats, cette moyenne reflète surtout le vieillissement de la profession. Jean-Rémi Girard, président du SNALC, souligne que la progression des salaires avec l’ancienneté contribue à tirer la moyenne vers le haut, alors que les jeunes enseignants restent confrontés à des rémunérations modestes.
Grâce aux dernières mesures de revalorisation, un professeur débutant peut désormais percevoir environ 2 100 euros nets par mois. Il lui faut toutefois près de quinze ans pour dépasser les 2 300 euros nets. Pour améliorer leurs revenus, certains enseignants sont ainsi contraints d’effectuer des heures supplémentaires ou d’accepter des missions additionnelles dans le cadre du « pacte enseignant », instauré à la rentrée 2023.
La situation apparaît également défavorable lorsqu’elle est comparée à celle des enseignants des autres pays de l’OCDE. Après quinze années d’ancienneté, les professeurs français gagnent environ 15 % de moins que la moyenne observée dans les pays membres de l’organisation. La France reste notamment derrière le Portugal, l’Allemagne ou encore le Danemark.
À ces difficultés salariales s’ajoute celle du recrutement. Face au manque de candidats aux concours, l’Éducation nationale fait davantage appel aux enseignants contractuels pour remplacer les titulaires ou occuper les postes vacants. Près de 2 500 enseignants manquaient ainsi à l’appel au 1er septembre 2025, selon les données du ministère.
Ces contractuels, recrutés notamment à partir d’un niveau bac+3, sont généralement moins rémunérés que les titulaires. Leur salaire débute autour de 1 400 à 1 500 euros nets par mois, soit à peine au-dessus du salaire minimum. Pour les syndicats, cette situation illustre les difficultés persistantes d’attractivité du métier d’enseignant.
Entre rémunérations jugées insuffisantes, perte de pouvoir d’achat et difficultés de recrutement, la question salariale reste donc l’un des principaux défis de l’Éducation nationale française pour cette nouvelle année scolaire.
