Les commissaires européens se réunissent ce vendredi 29 mai pour examiner des mesures visant à restreindre les importations massives de produits manufacturés en provenance de Chine. Ces produits, qui peuvent être jusqu’à 40 % moins chers que leurs équivalents européens, couvrent des secteurs aussi variés que les voitures électriques, les composants de machines et les dispositifs médicaux.
Le phénomène est désormais désigné sous le terme de « China Shock 2.0 », en référence à l’expérience américaine des années 2000, lorsque la montée en puissance des importations chinoises avait fragilisé la région industrielle de la Rust Belt. Les 27 pays membres de l’UE entendent éviter qu’un scénario similaire se reproduise sur le continent européen.
Plutôt que de recourir à des droits de douane généralisés à l’image de l’administration Trump, Bruxelles pencherait pour des mesures plus ciblées : mise en place de quotas ou de taux préférentiels sur certains produits, afin de protéger des secteurs industriels spécifiques sans fragiliser les relations diplomatiques avec Pékin.
La vigilance de l’UE s’étend également aux pays candidats à l’adhésion. La Serbie, qui bénéficie d’importants investissements chinois dans l’intelligence artificielle, la robotique et les véhicules électriques, et qui a notamment acquis des missiles auprès de Pékin, suscite une inquiétude croissante parmi les responsables européens.
Isaac HOUSSOU
