Plusieurs centaines de partisans de Viktor Orban ont manifesté jeudi soir devant le palais présidentiel à Budapest pour dénoncer les réformes constitutionnelles engagées par le gouvernement de Péter Magyar. Les textes, qui doivent être soumis au vote le 14 juillet, visent notamment à mettre fin de manière anticipée au mandat du président de la République.
Le Premier ministre justifie cette mesure par une « grave perte de confiance » envers le chef de l’État, qu’il accuse d’être une « marionnette » de son prédécesseur Viktor Orban. Mais cette procédure accélérée est vivement contestée par l’opposition, qui estime qu’elle contourne les mécanismes prévus par la Constitution pour destituer un président. Parmi les manifestants, plusieurs dénoncent une remise en cause de l’État de droit. Ils reprochent également à l’Union européenne de ne pas réagir face à ces réformes. Un autre projet d’amendement alimente les tensions. Il prévoit de limiter à douze ans la durée de mandat des députés. La mesure étant rétroactive, une large majorité des élus du Fidesz ne pourraient pas briguer un nouveau mandat lors des prochaines élections.
Le Fidesz accuse ainsi le gouvernement de vouloir écarter ses principaux adversaires politiques. Pour Janos Boka, député du parti et ancien ministre des Affaires européennes, empêcher des élus de se représenter remet en cause les principes démocratiques. Si Péter Magyar affirme vouloir tourner la page de l’ère Orban, ses méthodes suscitent aussi des réserves au sein des défenseurs des droits. Amnesty International Hongrie estime notamment que le président de la République devrait bénéficier d’une procédure conforme aux garanties prévues par l’État de droit.
