Alors que la France suffoque sous une canicule exceptionnelle, l’Espagne apparaît comme l’un des pays européens les plus avancés en matière de protection des travailleurs face aux aléas climatiques. Habitué aux épisodes de fortes chaleurs, le pays a progressivement renforcé son arsenal pour limiter les risques liés aux températures extrêmes.
Ce jeudi 25 juin, une grande partie de la France reste placée en vigilance rouge canicule. Dans ce contexte, plusieurs responsables politiques français regardent vers le modèle espagnol. La cheffe des Écologistes, Marine Tondelier, a annoncé le dépôt prochain d’une proposition de loi visant à instaurer un congé climatique de cinq jours maximums par an afin de protéger les salariés exposés aux événements climatiques extrêmes.
Cette initiative s’inspire directement de mesures adoptées en Espagne après les inondations meurtrières de Valence en novembre 2024. La catastrophe, qui avait causé plus de 230 morts, avait mis en lumière les risques encourus par des salariés contraints de se déplacer malgré les alertes.
En réponse, les autorités espagnoles ont instauré un congé payé pouvant aller jusqu’à quatre jours en cas d’impossibilité d’accès au lieu de travail ou de situation présentant un danger grave et imminent, notamment lors de catastrophes naturelles ou de conditions météorologiques extrêmes.
Mais ce congé ne constitue qu’un dernier recours. En amont, les entreprises sont encouragées à adapter l’organisation du travail pour limiter l’exposition à la chaleur. Cela peut passer par des horaires aménagés, des journées raccourcies ou encore un déplacement des tâches physiques vers les heures les moins chaudes de la journée.
Selon Monica Perez Cardoso, responsable santé au travail au sein du syndicat Comisiones Obreras, l’arrêt du travail n’intervient que lorsque toutes les autres mesures s’avèrent insuffisantes ou lorsque les autorités jugent les conditions trop dangereuses.
Malgré ces dispositifs, l’Espagne reste fortement exposée aux effets du réchauffement climatique. Les épisodes de chaleur extrême, autrefois occasionnels, deviennent plus fréquents, plus longs et plus intenses. Les températures dépassant 40°C se multiplient désormais durant l’été, augmentant les risques de stress thermique et d’accidents graves.
L’été dernier, quatre décès liés à la chaleur ont été recensés sur des lieux de travail en Espagne. Un signal d’alerte supplémentaire qui rappelle que, même dans les pays les mieux préparés, l’adaptation au changement climatique reste un défi permanent.
