Le Maroc accueille du 12 au 15 octobre 2026 la sixième Semaine mondiale de la Francophonie scientifique. Organisé à Agadir par l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF), ce rendez-vous international rassemble des ministres, des chercheurs, des universitaires et des étudiants de dizaines de nationalités.
La science francophone se donne rendez-vous au Maroc. Depuis le 12 octobre, Agadir accueille plusieurs centaines d’acteurs du monde universitaire et scientifique pour une semaine de conférences, d’ateliers et de rencontres internationales. L’événement se déroule sous le haut patronage du roi Mohammed VI et mobilise des représentants de l’espace francophone autour d’une ambition commune : renforcer la coopération scientifique dans un contexte international en pleine mutation. Cette sixième édition s’articule autour d’une question centrale : « Quel est le rôle de la diplomatie scientifique francophone face aux enjeux géopolitiques mondiaux ? » Derrière cette interrogation se trouve un enjeu majeur. Comment les universités, les chercheurs et les institutions peuvent-ils maintenir le dialogue entre les peuples, malgré les rivalités politiques et les tensions internationales ?
Plus de 60 nationalités réunies à Agadir
L’ampleur de la rencontre témoigne de son importance. Selon l’AUF, plus de 300 enseignants-chercheurs, étudiants et acteurs de l’écosystème scientifique et éducatif, ainsi qu’une trentaine de ministres chargés de l’Enseignement supérieur, sont attendus. Plus de 60 nationalités sont représentées. L’événement réunit ainsi des participants issus de différents espaces géographiques et universitaires de la Francophonie.
Le programme s’organise autour de quatre grands volets : la coopération internationale, la recherche scientifique, la jeunesse et la diplomatie politique. Les 12 et 13 octobre, plusieurs ateliers ont notamment abordé la formation dans les industries culturelles et créatives francophones, le développement de la Francophonie scientifique au Maroc et la coopération entre les universités membres de l’AUF. Ces discussions visent à renforcer les partenariats entre établissements, à favoriser la circulation des connaissances et à améliorer la coordination des initiatives scientifiques à l’échelle internationale.
Intelligence artificielle, santé et diversité linguistique au cœur des débats
Les 14 et 15 octobre, les sixièmes Assises de la Francophonie scientifique mettent particulièrement l’accent sur les enjeux de la recherche et de la coopération. Plusieurs thèmes structurent les échanges. Les participants se penchent notamment sur les réseaux scientifiques comme instruments d’une diplomatie durable, l’engagement citoyen dans la recherche, la diversité linguistique et la circulation des savoirs.
La santé et les nouvelles technologies occupent également une place importante. Les discussions portent sur la manière dont les avancées technologiques transforment la diplomatie scientifique dans le domaine médical. L’intelligence artificielle figure aussi parmi les sujets majeurs. La question de la découvrabilité des connaissances scientifiques francophones se pose avec une acuité particulière à l’heure où les moteurs de recherche et les outils d’IA influencent l’accès à l’information.
Pour les chercheurs francophones, l’enjeu consiste à rendre leurs travaux plus visibles, accessibles et utilisables, notamment face à la prédominance de certaines langues dans les publications scientifiques internationales. Un autre axe concerne la contribution de la science à la paix et au développement durable. Les échanges interrogent la capacité des institutions scientifiques à favoriser le dialogue et à apporter des réponses collectives aux défis mondiaux.
La jeunesse et les politiques universitaires également mobilisées
La jeunesse estudiantine francophone constitue un autre pilier de cette semaine. Le quatrième Congrès de la Jeunesse estudiantine francophone se tient les 14 et 15 octobre autour de la circulation de l’information, de la désinformation et de l’investigation citoyenne. Des conférences, des tables rondes et des ateliers pratiques permettent aux étudiants d’interroger les mécanismes de production et de diffusion de l’information. Des partenariats avec RFI, Le Monde diplomatique et le réseau Factoscope accompagnent ce volet consacré aux défis informationnels contemporains.
La dimension politique de l’événement se matérialise également à travers la sixième Conférence ministérielle francophone. Prévue le 15 octobre, elle réunit les ministres chargés de l’Enseignement supérieur et de la Recherche pour discuter des priorités communes de la diplomatie scientifique. Au-delà des discours, l’objectif est de renforcer les mécanismes de coopération entre les gouvernements, les universités et les réseaux de recherche.
