La mobilisation contre les conditions d’étude en France prend une nouvelle ampleur. Mardi 13 octobre, l’Union étudiante affirmait que 90 % des quelque 70 universités du pays étaient bloquées ou fermées. Les lycéens poursuivent également leurs actions, malgré les annonces du gouvernement sur le remplacement des enseignants.
Le mouvement lycéen français franchit une nouvelle étape. Après plusieurs semaines de contestation, les étudiants et des personnels de l’éducation se joignent aux actions organisées dans plusieurs villes du pays. Selon l’Union étudiante, citée par Le Monde mardi à la mi-journée, 90 % des quelque 70 universités françaises étaient « bloquées » ou « fermées ». Cette estimation provient de l’organisation étudiante et ne constitue pas un bilan officiel du ministère. Dans le secondaire, le ministère de l’Éducation nationale recensait 214 lycées fermés mardi matin. Les manifestations et les blocages se poursuivaient notamment à Paris, Lyon, Marseille, Lille, Toulouse et Bordeaux.
Des revendications centrées sur les conditions d’étude
Les lycéens dénoncent le manque de moyens dans les établissements, les bâtiments dégradés, les classes surchargées et les absences d’enseignants insuffisamment remplacés. Les emplois du temps jugés trop lourds et la pression liée à l’orientation vers les études supérieures figurent également parmi les sujets de mécontentement. Une partie des organisations mobilisées réclame la suppression de Parcoursup, la plateforme nationale utilisée pour l’accès à de nombreuses formations post-bac. L’Union syndicale lycéenne demande aussi un plan de 10 milliards d’euros pour les lycées.
Dans l’enseignement supérieur, les revendications comprennent notamment la création de postes, de meilleures conditions d’accueil et d’encadrement des étudiants ainsi que la contestation de certaines modalités d’accès aux formations. L’ampleur de la mobilisation varie selon les établissements. Les chiffres annoncés par les syndicats et les autorités ne reposent pas toujours sur les mêmes critères, ce qui impose de distinguer le nombre d’établissements fermés, bloqués ou simplement perturbés.
Le gouvernement promet des renforts
Face à la contestation, le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a annoncé le déploiement de 3 000 enseignants remplaçants dans les lycées où les difficultés sont les plus importantes. Le gouvernement a également indiqué vouloir reprendre certaines propositions issues d’une consultation des lycéens dans le cadre du débat budgétaire pour 2027. Mais les annonces sont jugées insuffisantes par plusieurs organisations, qui estiment qu’elles ne répondent pas à l’ensemble des problèmes structurels de l’école. Elles réclament des mesures plus importantes et des engagements durables.
Six syndicats de l’Éducation nationale ont appelé à la grève le 13 octobre pour soutenir les revendications des lycéens. Des organisations de l’enseignement supérieur ont également appelé à la mobilisation, estimant que les difficultés dénoncées concernent l’ensemble du système éducatif.
Une contestation qui dépasse les salles de classe
Le mouvement met en évidence un malaise plus large autour des conditions d’apprentissage et des moyens consacrés à l’éducation. La question ne porte pas seulement sur les absences d’enseignants, mais aussi sur les infrastructures, l’orientation et les inégalités entre établissements. La progression des blocages universitaires constitue un signal politique important. Elle montre que la contestation, initialement portée par les lycéens, trouve un écho chez une partie des étudiants et des personnels. Mais cette extension ne signifie pas que toutes les universités sont totalement paralysées. Les modalités de mobilisation diffèrent selon les campus, entre blocages d’accès, fermetures administratives, assemblées générales et manifestations. Le mouvement intervient aussi dans un contexte de tensions sur les finances publiques. Le gouvernement doit répondre aux demandes de moyens tout en préparant le budget de 2027 et en cherchant à maîtriser les dépenses de l’État.
