Deux navires ont été frappés par des drones près des côtes bulgares dans la nuit du 12 au 13 octobre. L’un a sombré, laissant onze marins portés disparus, tandis que cinq autres membres de son équipage ont été secourus. Le second navire a également été touché, mais son équipage a pu être évacué. Ces attaques ravivent les inquiétudes sur la sécurité du trafic maritime en mer Noire, déjà fragilisé par la guerre en Ukraine.
La mer Noire est de nouveau le théâtre d’attaques contre des navires commerciaux. Dans la nuit du 12 au 13 octobre, deux bâtiments ont été touchés près des côtes bulgares, selon les autorités locales. Le premier navire, le Dignity, battant pavillon de la Guinée-Bissau, a sombré après avoir été frappé. Cinq membres de son équipage ont été secourus, tandis que onze autres étaient portés disparus dans les premières informations communiquées par les autorités régionales de Dobrich.
Les opérations de recherche se sont déroulées dans des conditions difficiles, avec une mer agitée. Le bilan demeurait provisoire au moment des premières annonces. Le second navire, le Chelsea 3, exploité par une entreprise ukrainienne et battant pavillon maltais, a également été frappé. Les quinze membres de son équipage ont été secourus. Des blessures légères ont été signalées parmi eux.
Une attaque qui vise le trafic commercial
Les circonstances exactes de ces attaques restent à établir. Les autorités bulgares ont indiqué que les deux navires avaient été frappés par des drones. L’origine précise des appareils et les responsables de ces frappes font l’objet d’investigations. Le Premier ministre bulgare, Roumen Radev, a dénoncé une attaque « absolument inacceptable » à proximité des eaux territoriales de son pays. Il a également estimé que ces événements profitaient à la Russie, sans présenter de preuve définitive permettant d’attribuer formellement les frappes à Moscou.
L’Ukraine a, de son côté, accusé la Russie de s’en prendre aux navires commerciaux et de menacer les routes d’exportation. Ces accusations s’inscrivent dans un contexte de confrontation militaire persistante entre les deux pays. À ce stade, il est donc nécessaire de distinguer les faits établis — les navires touchés, le naufrage et les marins disparus — des accusations sur les responsables, qui doivent encore être étayées.
Une zone maritime sous pression depuis le début de la guerre
Depuis l’invasion russe de l’Ukraine en février 2022, la mer Noire est devenue un espace stratégique et particulièrement dangereux. La région est essentielle au transport de marchandises, notamment de céréales, de produits agricoles, d’hydrocarbures et d’autres matières premières. Les ports ukrainiens jouent un rôle important dans les exportations vers les marchés internationaux. Les attaques contre les navires, les infrastructures portuaires et les installations énergétiques augmentent les risques pour les équipages et les opérateurs maritimes. Elles peuvent aussi entraîner une hausse des primes d’assurance, des coûts de transport et des retards de livraison.
Les conséquences ne se limitent donc pas aux pays riverains. Toute perturbation durable des exportations de céréales ou de matières premières peut affecter les prix et l’approvisionnement de marchés situés bien au-delà de la mer Noire.
Avec onze marins portés disparus et un navire coulé, ces attaques rappellent que la guerre en Ukraine continue de menacer les activités civiles en mer Noire. Au-delà des accusations diplomatiques, l’urgence reste la recherche des disparus et l’établissement des circonstances exactes de l’attaque.
