L’Ukraine a saisi mercredi 2 septembre l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) pour alerter sur les risques liés aux vols civils dans l’espace aérien russe. Kiev demande notamment aux États membres d’envisager une interdiction des vols civils en Russie, alors que les attaques de drones ukrainiens perturbent régulièrement le trafic aérien.
Dans un courrier adressé au président de l’OACI, les autorités ukrainiennes demandent à l’organisation d’encourager les autorités aéronautiques et les compagnies à renforcer la protection de l’aviation civile. Kiev affirme vouloir éviter que les appareils civils soient exposés aux conséquences des combats. La Russie a dénoncé des avertissements « illégitimes » et affirme être en mesure de garantir la sécurité de son espace aérien. L’OACI a toutefois rappelé que les risques pour l’aviation civile augmentaient dans les zones de conflit, où les appareils peuvent notamment être pris pour cible ou se retrouver « entre deux feux ».
Les attaques de drones ukrainiens entraînent déjà des fermetures temporaires d’aéroports, des annulations et des retards de vols en Russie. Selon la société Osprey Flight Solutions, l’espace aérien russe est perturbé « systématiquement » par ces incursions depuis plusieurs mois.
Des compagnies étrangères encore présentes
Depuis l’invasion russe de février 2022, les compagnies européennes et américaines ont largement cessé de survoler la Russie. Des transporteurs chinois, turcs, émiratis et d’autres pays du Golfe continuent toutefois d’utiliser cet espace aérien. Kiev cherche désormais à convaincre ces compagnies et leurs assureurs de revoir leur appréciation du risque.
Au-delà de la sécurité aérienne, l’Ukraine cherche aussi à accroître le coût de la guerre pour la Russie. Les perturbations pourraient notamment affecter les déplacements intérieurs dans un pays où les longues distances rendent difficile le remplacement des vols par le train, avec des conséquences potentielles sur l’activité économique.
Une portée limitée
L’Ukraine et l’OACI ne disposent cependant pas du pouvoir de fermer l’espace aérien russe. L’organisation, qui compte 193 États membres, établit des normes et formule des recommandations, mais ne peut imposer une interdiction aux États. La démarche de Kiev vise donc surtout à influencer les compagnies étrangères et leur perception des risques. Elle intervient dans un contexte marqué notamment par le crash, en décembre 2024, d’un avion d’Azerbaijan Airlines près de Grozny, qui avait fait 38 morts. Vladimir Poutine avait ensuite reconnu que deux missiles russes avaient explosé à proximité de l’appareil alors que la défense antiaérienne tentait de repousser des drones ukrainiens.
Alors que l’espace aérien ukrainien est fermé aux vols civils depuis février 2022, Kiev cherche ainsi à montrer que les conséquences de la guerre affectent également le territoire russe.
