La crise de l’eau et de l’électricité se poursuit en Tunisie en pleine vague de chaleur. Depuis le 28 août, l’armée et la garde nationale distribuent de l’eau potable en citerne dans plusieurs régions, mais la grogne sociale s’amplifie en l’absence de perspective d’amélioration à court terme.
Des files d’attente de plusieurs heures devant les supermarchés pour obtenir un pack d’eau embouteillée sont devenues le quotidien de nombreux Tunisiens. Les coupures d’électricité, qui avaient marqué tout le mois de juillet, se poursuivent, la Société tunisienne d’électricité et du gaz publiant chaque jour les régions concernées par le délestage.
Le bilan humain de cette crise reste difficile à établir officiellement. L’Association des jeunes médecins a dénoncé le silence du ministère de tutelle sur le nombre de décès liés aux vagues de chaleur. Son président a évoqué treize morts en moins de 24 heures samedi. Le Forum des droits économiques et sociaux a alerté sur une situation qui « menace la paix et la sécurité » et dénoncé « une crise sociale structurelle étouffante ».
Du côté de l’approvisionnement, les producteurs d’eau en bouteilles tentent depuis jeudi d’accélérer leur production avec 3 millions de litres injectés par jour dans la capitale. Mais la pénurie persiste dans d’autres régions et la ruée sur les stocks disponibles est devenue la norme pour de nombreux consommateurs.
