Le président français Emmanuel Macron a inauguré mardi à Paris un mémorial dédié aux victimes du génocide des Tutsi au Rwanda, en présence du président rwandais Paul Kagame. Une cérémonie chargée de symboles, qui marque une étape supplémentaire dans le rapprochement progressif entre les deux pays après trois décennies de tensions.
Baptisé « L’Archive » et érigé sur les quais de Seine, le monument a été présenté par Macron comme le résultat d’un long travail de vérité sur le rôle joué par la France avant et pendant le génocide de 1994. Le chef de l’État a rappelé les déclarations faites à Kigali en 2021, lorsqu’il avait officiellement reconnu les responsabilités françaises dans les événements ayant conduit aux massacres.
La cérémonie a réuni survivants et personnalités, dont Jeanne Uwimbabazi, rescapée du génocide. L’artiste Grada Kilomba, conceptrice du mémorial, a présenté l’œuvre comme un espace de recueillement, de transmission et de mémoire collective.
Rappelons qu’entre avril et juillet 1994, plus de 800 000 personnes, majoritairement tutsies, avaient été tuées au Rwanda. La France, alors alliée de l’ancien régime, a longtemps été accusée de complicité par Kigali. Une commission historique mandatée en 2019 avait conclu à une responsabilité accablante des autorités françaises, sans toutefois établir une complicité directe.
Plusieurs procédures judiciaires liées au génocide restent ouvertes en France, où les autorités affirment vouloir poursuivre les efforts de justice et de coopération avec Kigali.
