Bruxelles a proposé, vendredi 26 juin, de prolonger d’un an, jusqu’en mars 2028, la protection accordée aux réfugiés ukrainiens dans l’Union européenne, tout en excluant désormais les hommes en âge de combattre.
Plus de 4,4 millions d’Ukrainiens fuyant le conflit avec la Russie bénéficient actuellement de ce statut unique, qui leur permet de séjourner, de travailler et d’accéder à des aides dans l’UE. Ils vivent principalement en Allemagne, en Pologne et en République tchèque. Ce statut, lancé en mars 2022, doit être reconduit chaque année Bruxelles propose de le faire pour la cinquième fois, la guerre se poursuivant toujours. Le commissaire européen aux Affaires intérieures et à la Migration, Magnus Brunner, a justifié cette prolongation en estimant que le soutien européen doit se maintenir aussi longtemps que la guerre continue.
Certains pays de l’UE montrent toutefois des signes d’impatience face à ce conflit sans issue évidente. L’an dernier déjà, Bruxelles avait engagé une réflexion sur l’avenir de ce statut, encourageant les États membres à pérenniser la situation de ceux restés en Europe tout en préparant de premiers retours vers l’Ukraine. La proposition dévoilée vendredi va plus loin, puisque ce statut sera désormais refusé aux hommes en âge de combattre déposant leur première demande. Interrogé sur une possible discrimination, Magnus Brunner a assuré qu’il s’agissait d’une demande formulée par les Ukrainiens eux-mêmes.
Le commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe, Michael O’Flaherty, a quant à lui mis en garde contre tout retrait prématuré de la protection accordée aux Ukrainiens, estimant que la situation en Ukraine ne remplit pas les conditions nécessaires à un retour sûr et digne. Il a averti que sortir les personnes du régime de protection temporaire sans filet de sécurité solide risquerait de plonger des millions d’entre elles dans la pauvreté et de les contraindre à des retours involontaires et dangereux.
