Google déploie ce mardi 8 septembre de nouveaux résultats de recherche en Europe pour se conformer au Digital Markets Act (DMA). Le groupe estime que ces changements dégraderont l’expérience des internautes, après une amende européenne de 460 millions d’euros pour auto-préférence dans Google Search.
Google a commencé, mardi 8 septembre, à modifier l’affichage de ses résultats de recherche en Europe afin de se conformer aux exigences du règlement européen sur les marchés numériques. Le groupe américain réorganise notamment la place accordée aux comparateurs spécialisés dans le voyage, l’hôtellerie, la restauration et le commerce en ligne, après avoir été sanctionné en juillet pour avoir favorisé ses propres services.
Une sanction de 460 millions d’euros
La Commission européenne avait infligé à Google une amende de 460 millions d’euros pour auto-préférence dans Google Search, dans le cadre d’un paquet de sanctions totalisant 890 millions d’euros, incluant une seconde amende de 430 millions visant Google Play. Bruxelles avait donné au groupe 60 jours pour mettre fin aux pratiques jugées contraires au DMA.
Dans la nouvelle présentation, un moteur de recherche spécialisé pourra apparaître en haut de la page, suivi de deux autres services similaires. Des carrousels consacrés aux hôtels, compagnies aériennes ou restaurants resteront affichés plus bas, mais certaines informations comme les prix en temps réel seront retirées de cette nouvelle configuration.
Google conteste la portée des changements
Google conteste néanmoins l’ampleur de ces ajustements. Nick Fox, vice-président chargé de la connaissance et de l’information, affirme qu’ils réduiront la qualité du service pour les utilisateurs européens et profiteront davantage aux intermédiaires qu’aux entreprises locales, selon des tests menés par le groupe auprès de millions d’utilisateurs en Europe.
La Commission européenne défend de son côté une logique de concurrence plus équitable. Le DMA interdit aux plateformes désignées comme « contrôleurs d’accès » de favoriser leurs propres services dans leurs classements. Dans sa décision du 23 juillet, Bruxelles avait notamment cité les résultats liés au shopping, aux hôtels, aux transports et au sport.
Un bras de fer qui dépasse l’affichage des résultats
Google risque des pénalités périodiques pouvant atteindre 5 % de son chiffre d’affaires mondial si la Commission estime la mise en conformité insuffisante. En juillet, Bruxelles avait également adopté des mesures contraignantes obligeant Google à partager avec des moteurs de recherche tiers certaines données anonymisées de classement, de requêtes, de clics et de consultation, dans des conditions équitables et non discriminatoires.
Le groupe affirme que de précédentes adaptations au DMA ont déjà entraîné une baisse de 30 % du trafic gratuit et direct vers certaines entreprises européennes de réservation — un chiffre fourni par Google lui-même, non validé de façon indépendante par la Commission. Les nouvelles règles ne concernent pas les utilisateurs situés hors de l’Union européenne, précise Google, qui indique que le classement des services spécialisés continuera d’être déterminé par son algorithme, tandis que Bruxelles doit désormais apprécier si les modifications répondent effectivement aux obligations du DMA.
