Le Maroc accélère sa stratégie dans l’hydrogène vert avec un projet pilote destiné à produire 10 000 tonnes par an dans la région de Guelmim-Oued Noun. Porté par Masen, le programme Power to X prévoit notamment une installation hybride solaire-éolienne de 200 mégawatts et un électrolyseur de 100 mégawatts.
Le Maroc entend prendre une place importante dans le développement de l’hydrogène vert en Afrique. Le royaume mise sur son potentiel solaire et éolien pour produire un carburant susceptible de contribuer à la décarbonation de plusieurs secteurs industriels. Au cœur de cette ambition figure le projet pilote Power to X, porté par l’Agence marocaine pour l’énergie durable, connue sous le nom de Masen. Selon les informations publiées le 14 octobre 2026 par L’Infomètre, le projet doit entrer en service en 2026 et viser une production annuelle de 10 000 tonnes d’hydrogène vert dans la région de Guelmim-Oued Noun.
L’initiative s’inscrit dans une stratégie plus large visant à développer une chaîne de production et de transformation des énergies renouvelables.
Le solaire et l’éolien au service de l’hydrogène
Le projet pilote prévoit une centrale hybride combinant énergie solaire et énergie éolienne, pour une capacité annoncée de 200 mégawatts. Un électrolyseur de 100 mégawatts doit permettre de produire de l’hydrogène à partir d’eau et d’électricité renouvelable. Le principe est celui de l’électrolyse : l’électricité sert à séparer l’eau en hydrogène et en oxygène. Lorsque l’électricité utilisée provient de sources renouvelables, l’hydrogène produit peut présenter une empreinte carbone nettement inférieure à celle de l’hydrogène issu des énergies fossiles.
Le projet comprend également une unité de dessalement à Tan-Tan pour fournir l’eau nécessaire au procédé. L’exportation de la production est envisagée à travers le port de Tan-Tan. Le financement annoncé pour ce projet pilote atteint 300 millions d’euros, avec le soutien de la banque allemande KfW.
Six groupements sélectionnés pour sept projets
La stratégie marocaine ne se limite pas à cette installation. Selon L’Infomètre, six groupements internationaux ont été sélectionnés pour développer sept projets dans le sud du pays. L’ensemble des projets envisagés représente un potentiel d’environ 20 gigawatts d’énergies renouvelables. Certains doivent permettre de produire de l’ammoniac vert et des carburants destinés à l’industrie. Le groupe OCP, acteur majeur de l’industrie des phosphates et des engrais, figure également parmi les entreprises impliquées dans le développement de cette filière. L’ammoniac vert peut notamment servir à produire des engrais avec une empreinte carbone réduite, à condition que les différentes étapes de fabrication soient alimentées par des énergies peu carbonées. Le Maroc dispose de plusieurs atouts pour développer cette industrie : un ensoleillement important, des ressources éoliennes, des infrastructures portuaires et une proximité géographique avec les marchés européens.
L’hydrogène vert suscite un intérêt croissant dans le monde, car il pourrait contribuer à réduire les émissions de secteurs difficiles à électrifier directement, comme certaines industries lourdes et la production de produits chimiques. Cependant, son développement à grande échelle exige des investissements importants. Le coût de l’électricité, les besoins en eau, les infrastructures de transport et la disponibilité de débouchés commerciaux restent des facteurs déterminants. Le Maroc devra également transformer les projets annoncés en installations opérationnelles et démontrer leur viabilité économique. Les objectifs de production et d’exportation ne doivent donc pas être confondus avec des volumes déjà commercialisés.
Si ces projets aboutissent, ils pourraient renforcer la place du royaume dans les nouvelles chaînes de valeur énergétiques et industrielles. Le défi sera de convertir son potentiel renouvelable en une production compétitive, durable et créatrice de valeur pour l’économie nationale.
